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Egypte: le pays s'enflamme entre les pro et les anti-Morsi

Des Egyptiens manifestent contre Morsi, vendredi, à Alexandrie.

Des Egyptiens manifestent contre Morsi, vendredi, à Alexandrie. - -

Des milliers d'Egyptiens ont manifesté vendredi pour montrer leur soutien ou leur désaccord envers le président islamiste Mohamed Morsi. Un homme a été tué et 70 autres blessés.

Des milliers d'Egyptiens ont manifesté vendredi leur colère, les uns pour soutenir Mohamed Morsi et les autres pour réclamer le départ du président islamiste. A Alexandrie, où les heurts ont été très violents, une personne a été tuée, succombant à des blessures infligées par des tirs à la chevrotine. Soixante-dix autres ont été blessées. Ces violences témoignent des clivages croissants dans le pays, un an après l'élection du président.

Les partisans de Mohamed Morsi ont entamé un rassemblement à durée illimitée sous le slogan "la légitimité de l'élection est une ligne rouge", devant la mosquée Rabaa al-Adawiya de Nasr City, un faubourg du Caire.

Sur la place Tahrir, dans le centre du Caire, et dans d'autres quartiers de la capitale, des milliers de manifestants anti-Morsi défilaient eux de leur côté, arborant des drapeaux égyptiens et criant "Dégage". Les anti-Morsi manifestaient également dans le delta du Nil, à Port-Saïd sur le canal de Suez, et à Alexandrie.

Large manifestation prévue dimanche

L'Egypte est profondément divisée entre les partisans, qui louent son élection démocratique et estiment qu'il épure les institutions après des décennies de corruption, et ses détracteurs, qui l'accusent de ne pas répondre aux attentes démocratiques qui avaient déclenché la révolte de 2011, et de ne pas résoudre une situation économique marquée par le chômage et l'inflation croissants.

L'opposition a appelé à manifester en masse dimanche, date anniversaire de l'investiture de Morsi, pour réclamer une présidentielle anticipée. En prévision de cette mobilisation, des entreprises ont annoncé qu'elles seraient fermées dimanche, journée qui marque le début de la semaine en Egypte. Au Caire, certains habitants retiraient de l'argent liquide et stockaient de la nourriture, tandis que de longues files d'attente se formaient devant les stations d'essence, où il fallait parfois plusieurs heures avant de pouvoir faire le plein.

Face à ces tensions croissantes, le ministre de la Défense Abdel Fattah Al-Sissi a prévenu il y a quelques jours que les militaires interviendraient en cas de violences. L'armée avait déjà pris les rênes de l'exécutif à l'issue de la révolte de janvier-février 2011, qui avait chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak.


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A.G. avec AFP