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Crash d'Air Algérie: les données d'une des boîtes noires extraites

Un débris de l'avion d'Air Algérie qui s'est écrasé dans la zone de Gossi, à environ 100 km de Gao, au Nord-Mali.

Un débris de l'avion d'Air Algérie qui s'est écrasé dans la zone de Gossi, à environ 100 km de Gao, au Nord-Mali. - -

Les experts du BEA travaillent d’arrache-pied sur les boîtes noires de l'avion MD-83, arrivées ce matin à Paris. Si les paramètres du vol ont pu être extraits du premier enregistreur, les conversations dans le cockpit, contenues dans le second, n’ont pas encore été récupérées.

Des informations précieuses. Les boîtes noires de l'avion d'Air Algérie qui s'est écrasé au Mali, faisant 118 morts dont 54 Français, sont arrivées lundi matin en France, a annoncé une porte-parole du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) chargé de les décrypter. Moins de 12 heures plus tard, les paramètres du vol AH5017 (vitesse, altitude, trajectoire, etc.) ont été extraits du premier enregistreur. La récupération des conversations dans le cockpit, contenues dans la seconde boîte, était toujours en cours, ce lundi soir.

"Je confirme que les deux enregistreurs de vol du MD-83 accidenté au Mali sont arrivés ce matin dans les locaux du BEA", déclarait tôt ce matin la porte-parole de cet organisme public. "Les enquêteurs du BEA ont pu rapidement extraire les données de l'enregistreur de paramètres (...) L'enregistreur phonique a été endommagé par les conditions d'impact. Le travail sur cet enregistreur se poursuit pour en extraire les données", précisait, plus tard en début de soirée, le BEA.

Le BEA ne fournit aucun détail sur les paramètres de vol récoltés, soulignant simplement qu'"un travail de décodage et d'analyse détaillée de ces données va à présent s'engager avec les membres de la Commission d'enquête malienne".

Il rappelle en outre que seul le Président de la Commission d'enquête du Mali "est habilité à communiquer sur le résultat des travaux en cours et sur les prochaines étapes de l'enquête".

Informations cruciales

Les boîtes noires, qui enregistrent toutes les données d'un vol, y compris les conversations dans le cockpit, révèlent des informations cruciales et des axes d'enquêtes pour déterminer les causes d'un accident aérien.

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Un avion commercial possède réglementairement deux boîtes noires, appelées DFDR (Digital flight Data Recorder) et CVR (Cockpit Voice Recorder). Le DFDR enregistre tous les paramètres sur une durée de 25 heures de vol (vitesse, altitude, trajectoire, etc.). Le CVR, l'enregistreur de vol "phonique", comprend les conversations, mais aussi tous les sons et annonces entendus dans la cabine de pilotage. Une analyse acoustique poussée permet même de connaître le régime des moteurs.

Le directeur du BEA, Rémi Jouty, avait expliqué samedi que la première phase d'exploitation des boîtes noires consistait à extraire les données brutes. "Si les enregistreurs sont en bon état, cela peut être assez rapide, de l'ordre de quelques heures. S'ils sont en mauvais état, cela peut être plus compliqué et prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines", avait-il précisé.

Jé. M. & V.R. avec AFP