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Centrafrique: des militaires lynchent un homme à Bangui

Des militaires centrafricains ont lynché à mort mercredi 5 février un homme suspecté d'être un rebelle.

Des militaires centrafricains ont lynché à mort mercredi 5 février un homme suspecté d'être un rebelle. - -

La scène de lynchage s'est déroulée devant des dizaines de témoins, en marge d'une cérémonie officielle.

Des militaires centrafricains ont lynché à mort mercredi un homme suspecté d'être un rebelle, devant des dizaines de témoins. La scène s'est déroulée à l'issue d'une cérémonie officielle où la présidente Catherine Samba Panza avait célébré la renaissance d'une armée nationale.

Le meurtre, à coups de pied, de pierre et de couteau, de cet homme s'est déroulé dans l'enceinte de l'Ecole nationale de la magistrature où venait de s'achever la cérémonie à laquelle assistaient les plus hautes autorités de la transition, de la force française Sangaris et de la Mission de l'Union africaine en Centrafrique (Misca), en présence de quelque 4.000 soldats centrafricains.

C'est la première fois que les Forces armées centrafricaines (FACA) étaient réunies depuis l'arrivée au pouvoir en mars 2013 de la rébellion Séléka, majoritairement musulmane, dont les éléments sont aujourd'hui cantonnés ou en fuite depuis la démission de leur chef Michel Djotodia de la présidence le 10 janvier.

Un supposé ex-rebelle tué et mutilé

Quelques minutes après le départ des officiels, notamment de la présidente Catherine Samba Panza, des éléments des FACA s'en sont pris à un jeune homme en civil, l'accusant d'être un ex-rebelle, le frappant à mort avant de le déshabiller, de le trainer sur la rue et de s'acharner sur son cadavre.

"C'est un Séléka", "il est infiltré!", hurlaient des soldats, dont beaucoup en uniforme, plantant leur couteau dans le cadavre, arrachant des lambeaux de chair, tandis que leurs collègues prenaient la scène en photo avec leur téléphone portable.

Ce lynchage, auquel s'est rapidement jointe une foule ivre de colère, s'est déroulé sous les yeux de soldats de la force africaine (Misca), qui assuraient la sécurité de la cérémonie hautement symbolique, et de nombreux journalistes.

Selon des témoins, le corps a ensuite été démembré puis incendié, avant que la Misca intervienne en tirant des gaz lacrymogènes et des coups de feu en l'air pour disperser la foule, jusqu'à l'arrivée de soldats français.

A.S. avec AFP