BFMTV
Algérie

Alger: une dizaine de journalistes arrêtés lors d'un sit-in contre "la censure"

Une dizaines de journalistes algériens a été arrêtés lors d'un sit-in contre "la censure", ce 28 février

Une dizaines de journalistes algériens a été arrêtés lors d'un sit-in contre "la censure", ce 28 février - Compte Twitter de Khaled Drareni

Depuis plusieurs jours, le peuple algérien conteste la décision du président Bouteflika de briguer un cinquième mandat. Des journalistes estiment qu'un silence quasi-total leur est imposé par leur hiérarchie sur le sujet.

Une dizaine de journalistes algériens ont été interpellés par la police, ce jeudi, a constaté une journaliste de l'AFP. Ils participaient à un rassemblement organisé dans le centre d'Alger pour protester contre "la censure".

En fin de matinée, une centaine de journalistes de médias algériens, écrits et audiovisuels, publics et privés, se sont rassemblés sur la "Place de la Liberté de la presse". Ils dénonçaient les pressions subies par leur profession. Selon eux, des restrictions dans la couverture du mouvement de contestation en cours leurs ont été "imposées par (leur) hiérarchie". 

Selon le bureau de Reporters sans frontières (RSF) pour l'Afrique du Nord, la française Leïla Beratto, qui couvre l'Algérie pour RFI, fait partie des journalistes arrêtés. Une informations que confirment plusieurs correspondants sur place. Elle a finalement annoncé avoir été libérée en fin d'après-midi dans un message sur Twitter.

"Quatrième pouvoir, pas une presse aux ordres"

"Libérez nos collègues", ont scandé les manifestants tandis que les journalistes interpellés tambourinaient contre les parois des fourgons de police dans lesquels ils ont été enfermés.

"Non à la censure!", "quatrième pouvoir, pas une presse aux ordres", ont encore clamé les manifestants, aussi nombreux que les policiers qui les encerclaient.

Les médias audiovisuels publics algériens et les télévisions privées, propriétés d'hommes d'affaires proches du pouvoir, ont passé sous silence le mouvement de contestation qui secoue le pays. 

Des journalistes de la radio nationale algérienne ont affirmé que ce silence leur avait été imposé par leur hiérarchie. Ils en ont profité pour dénoncer l'absence de neutralité à l'antenne, le "traitement exceptionnel" réservé au camp du président Bouteflika et celui "restrictif de l'opposition".

Médias muselés

Le 24 février, ils ont adressé un courrier à leur direction. "Nous sommes le service public et non des journalistes étatiques", y déclaraient-ils notamment. La veille, une journaliste de la radio a également publiquement démissionné de ses fonctions d'encadrement pour dénoncer cet état de fait. 

Reporters sans Frontières (RSF) a affirmé mercredi que les autorités algériennes mettaient "tout en oeuvre pour museler les médias" dans leur couverture du mouvement de contestation actuel. L'organisation a dénoncé des "interpellations, agressions, interdiction de couvrir, confiscation de matériel, pressions sur les médias publics et ralentissement du réseau internet...".

Les journalistes de l'audiovisuel public ont tour à tour organisé des rassemblement devant leurs sièges - radio nationale mardi, puis télévision nationale mercredi.

Depuis plusieurs jours, le peuple algérien conteste la décision du président Abdelaziz Bouteflika, 81 ans, de briguer un cinquième mandat.

Clémentine Piriou avec AFP