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Afrique du Sud

Pistorius va-t-il rester en prison ?

Oscar Pistorius, au dernier jour de l'audience à Pretoria, où doit se décider son éventuelle libération sous caution.

Oscar Pistorius, au dernier jour de l'audience à Pretoria, où doit se décider son éventuelle libération sous caution. - -

Le champion handisport sud-africain Oscar Pistorius, inculpé pour le meurtre de sa petite amie au matin de la Saint-Valentin, devrait savoir vendredi s'il est remis en liberté sous caution avant un procès qui n'aura lieu que dans plusieurs mois.

Au terme d'une audience ultra médiatisée et riche en rebondissements, le champion olympique Oscar Pistorius, inculpé du meurtre de sa petite amie, saura si la liberté conditionnelle lui est accordée, en attendant son procès.

L'audience au tribunal d'instance de Pretoria a démarré vendredi, peu après 10 heures. La décision du juge Desmond Nair est attendue avant la fin de la journée. Mais il pourrait aussi se donner le week-end pour réfléchir, ont suggéré des médias locaux.

"Je suis sûr que ça aurait pu être mieux mené"

Oscar Pistorius affirme qu'il a tué son amie Reeva Steenkamp par erreur, dans la panique alors qu'il l'a prise pour un cambrioleur caché dans les toilettes.

L'avocat de la défense Barry Roux s'est employé depuis mardi à discréditer le sérieux de l'enquête, dont le responsable Hilton Botha a été remplacé au pied levé jeudi quand on a appris qu'il était lui-même accusé de sept tentatives de meurtre, pour avoir tiré, ivre, sur un taxi collectif alors qu'il poursuivait des suspects en 2011.

Les enquêteurs, entre autres étourderies, n'ont pas mis de chaussures de protection sur les lieux du crime, n'ont pas vérifié les appels téléphoniques de l'accusé, ont oublié une douille tombée dans la cuvette des toilettes...

"Je suis sûr que ça aurait pu être mieux mené", a admis à la barre le policier Botha, qui avait déjà reconnu que la version des faits de Pistorius était plausible.

Volonté de tuer

Dans sa plaidoirie jeudi, Maître Roux a mis en cause "la faible qualité des preuves" étayant la thèse du meurtre prémédité évoqué par le ministère public, fustigeant "les lacunes catastrophiques du dossier du parquet".

Mais l'accusation doute de la version d'Oscar Pistorius, relevant qu'il s'était disputé avec son amie juste avant les faits, ce que la défense conteste. Le procureur Gerrie Nel s'est en particulier demandé pourquoi la victime aurait pris avec elle deux téléphones portables -retrouvés par terre sur les lieux du crime- pour aller aux toilettes à 3 heures du matin.

Il se demande aussi pourquoi Pistorius ne l'a pas réveillée, ou ne s'est pas assuré de sa présence, alors qu'il s'est précipité pour prendre son arme sous le lit, se sentant en danger après avoir perçu un bruit dans les toilettes.

Il a en outre souligné qu'en tirant quatre coups de feu, Oscar Pistorius avait la volonté de tuer.

Danger pour la société

Le juge Desmond Nair lui-même a fait part de ses doutes. Il a demandé jeudi pourquoi Pistorius n'a pas été troublé par le silence de Reeva quand il lui a demandé de téléphoner à la police pour signaler la présence de cambrioleurs.

Il a aussi évoqué un récent incident dans un restaurant de Johannesburg en janvier, lorsque Pistorius a tiré un coup de feu en public: "Il y a des preuves que l'accusé a intrigué après le coup de feu en demandant à quelqu'un de porter le chapeau", a-t-il souligné.

La procédure en cours au tribunal d'instance de Pretoria a uniquement pour objet de décider si Pistorius doit attendre en prison le procès sur le fond de l'affaire, qui n'est pas prévu avant plusieurs mois. Autrement dit, décider si l'athlète constitue un danger pour la société ou s'il risque de fuir la justice de son pays.

La plupart des analyses des pièces à conviction et des expertises balistiques et psychiatriques ne sont pas encore disponibles.

M.R. avec AFP