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"Acqua alta" et réchauffement climatique: Venise est-elle en danger de disparition? 

Une montée des eaux, la plus forte depuis 1966, a touché ce mardi la Cité des Doges.

Cela faisait plus d'un demi-siècle que Venise, ville constituée d'une centaine d'îles au nord de l'Italie, n'avait pas connu d'aussi importante montée des eaux. Ce mardi, une "acqua alta" (marée haute) exceptionnelle de 1,87 mètre a surpris les touristes qui pataugeaient dans les ruelles inondées tandis qu'un puissant sirocco faisait déferler les vagues sur la place Saint-Marc.

Ce phénomène s'est abattu dans la soirée sur la Cité des Doges, déclenchant les sirènes d'alarme. C'est la deuxième plus haute marée enregistrée à Venise depuis le début des relevés, en 1923, derrière celle de 1,94 mètre observée le 4 novembre 1966.

Le phénomène a fait au moins un mort, selon les médias italiens: un Vénitien de 78 ans a péri électrocuté dans son logement inondé.

Place Saint-Marc le 12 novembre au soir.
Place Saint-Marc le 12 novembre au soir. © Marco Bertorello - AFP

Un phénomène régulier et dévastateur

De fait, la ville de Venise est régulièrement touchée par ce phénomène des "acque alte", des pics de marées particulièrement prononcés qui provoquent la submersion d'une partie plus ou moins grande de la zone urbaine insulaire.

L'acqua alta inonde souvent les parties basses de la ville, dont la place Saint-Marc, et peut être amplifiée par le sirocco, comme cela a été le cas dans la soirée de mardi.

Pour protéger la ville de cette calamité qui altère chaque fois un peu plus son patrimoine artistique, le projet MOSE (acronyme de Module expérimental électromécanique, et signifiant Moïse en italien) est en cours de construction depuis 2003 mais le surcoût et les malfaçons ont entraîné de nombreux retards.

Ce projet consiste à installer 78 digues flottantes qui se lèveraient pour fermer la lagune en cas de montée de la mer Adriatique.

"Venise continue d'être affligée par des eaux exceptionnellement hautes. L'année dernière, cette année, c'est la même chose", a déploré le maire de la ville, Luigi Brugnaro.

Vers un engloutissement? 

La multiplication de ces phénomènes de marées hautes s'explique par les changements climatiques. Et les conséquences pourraient être désastreuses et rapides. 

Selon une étude de 2018, commune aux universités de Kiel en Allemagne et de Southampton en Angleterre, dont les conclusions ont été rapportées par Le Figaro, 47 des 49 sites inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco sont gravement menacées par la montée des eaux et l'érosion. 

En ce qui concerne le cas de Venise, d'autres rapports dont celui de l'Unesco, datant de 2010, sont bien plus alarmistes. Quant à un potentiel engloutissement de la ville, "La question n’est pas de savoir si cela arrivera, mais simplement quand", répond le rapport. 

Hugo Septier avec AFP