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A Berlin, une grande fête populaire pour les 25 ans de la chute du Mur

Angela Merkel et Klaus Wowereit, maire de Berlin, déposent une rose dans un morceau du Mur.

Angela Merkel et Klaus Wowereit, maire de Berlin, déposent une rose dans un morceau du Mur. - John Macdougall - AFP

VIDEO - Berlin célèbre les 25 ans de la chute du Mur avec une fête populaire et un hommage à ceux qui ont fait tomber la dictature, le 9 novembre 1989.

Le monde a les yeux rivés sur Berlin. La capitale allemande a commencé à commémorer dimanche la chute du Mur, le 9 novembre 1989. Plus d'un million de visiteurs allemands et étrangers doivent célébrer cet événement qui a sonné la fin de la Guerre froide et annoncé la Réunification de l'Allemagne et de l'Europe, selon l'organisme de tourisme Visit Berlin.

Dès la fin de matinée, les visiteurs ont commencé à se rassembler autour des stands de vin chaud ou de saucisses devant la très symbolique porte de Brandebourg, située à l'est, dans un vaste no man's land, lors de la partition de la ville. A partir de 14 heures est organisée une grande "fête populaire", où orchestre classique, rock stars et anciens dissidents politiques devaient se partager les scènes. 

Pour rester fidèle à l'hommage à la population, le fondateur de Genesis Peter Gabriel devait interpréter dans la soirée Heroes, chanson composée par David Bowie lorsqu'il habitait Berlin-Ouest.

Une messe et des roses

La journée a commencé sur un registre plus sombre, avec un service oecuménique dans la Chapelle de la réconciliation construite dans la "bande de la mort" qui séparait les deux parois du Mur. Puis la cérémonie officielle du gouvernement allemand, très brève, a réuni sous un ciel gris et par un froid pénétrant quelques dizaines de personnes, sans invité étranger. Angela Merkel et les autres participants ont piqué dans les restes du Mur des roses, en hommage aux Allemands de l'est tués en essayant d'échapper à la RDA.

"Cela a duré longtemps, et beaucoup de gens ont dû souffrir afin qu'il soit possible d'ouvrir le Mur", a commenté la chancelière, qui a grandi dans l'ex-RDA et dont la carrière politique a commencé grâce aux évènements d'il y a 25 ans. "Pas seulement en Allemagne, mais aussi en Pologne, en Hongrie, en Tchécoslovaquie et dans beaucoup d'autres pays, et en ce jour nous devons y penser". Lors d'une réception samedi soir, la chancelière avait lancé: "Le besoin humain de liberté ne peut pas être étouffé éternellement".

Des ballons lumineux lâchés dimanche soir

A la différence du 20e anniversaire, aucun chef d'Etat ou de gouvernement en exercice n'a été invité, afin de mieux rendre hommage à la population. Le dernier dirigeant d'URSS, Mikhaïl Gorbatchev, 83 ans, largement crédité d'avoir permis la réunification allemande, participait ce week-end à diverses manifestations, tout comme l'ancien leader du syndicat polonais Solidarnosc, Lech Walesa. Lors d'une rencontre de la fondation "Cinema for Peace" consacrée aux "Murs dans le monde", Mikhaïl Gorbatchev a estimé que le monde était "au bord d'une nouvelle Guerre froide". "Certains disent qu'elle a déjà commencé", a ajouté l'octogénaire.

Les festivités, dont le mot d'ordre est "Le courage de la liberté", doivent connaître leur apogée avec ce lâcher de ballons lumineux qui, depuis vendredi soir, marquent sur une quinzaine de kilomètres le tracé de l'ancien Mur, au son de l'Ode à la joie de Beethoven, l'hymne de l'Union européenne.

Les premiers décolleront de la Porte de Brandebourg, les derniers du pont de la Bornholmer Strasse, premier point de passage entre Berlin-Est et Berlin-Ouest ouvert le 9 novembre 1989 vers 23h30. Le garde-frontière est-allemand Harald Jäger, qui a donné l'ordre d'ouvrir la barrière ce soir-là pour laisser se déverser une marée humaine, a confié qu'il participerait à l'événement.

A. K. avec AFP