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VIDEO - Berlin célèbre les 25 ans de la chute du Mur

Le maire de Berlin, Klaus Wowereit, inaugure la frontière lumineuse reproduisant le tracé du Mur de Berlin, le 7 novembre 2014.

Le maire de Berlin, Klaus Wowereit, inaugure la frontière lumineuse reproduisant le tracé du Mur de Berlin, le 7 novembre 2014. - Tobias Schwarz - AFP

La capitale allemande a lancé, vendredi, un week-end de festivités pour marquer le 25e anniversaire de la chute du Mur, le 9 novembre 1989. Deux millions de visiteurs sont attendus sur place et des événements sont organisés dans plusieurs lieux clés de la ville.

C'était il y a 25 ans. Berlin a marqué le coup d'envoi, vendredi, d'un week-end de célébrations pour l'anniversaire de l'ouverture du Mur, le 9 novembre 1989, qui doit culminer dimanche avec une grande "fête populaire" destinée à marquer cet événement historique, prélude à la Réunification allemande, survenue onze mois plus tard.

Deux millions de visiteurs attendus

Quelque deux millions de visiteurs, selon la presse allemande, sont attendus dans la capitale réunifiée. Mais une grève des trains historique, qui doit durer jusqu'à lundi, risque de perturber ces projets.

"Mur de la honte" à l'Ouest, "protection antifasciste" à l'Est, cet édifice de plus de 150 kilomètres avait été érigé en 1961 par la République Démocratique d'Allemagne (RDA). Victime de la perestroïka du leader soviétique Mikhaïl Gorbatchev et sous la pression pacifique de centaines de milliers de manifestants, le Mur avait fini par céder 28 ans plus tard, le 9 novembre 1989. Moins d'un an après, le 3 octobre 1990, la Réunification de l'Allemagne était officielle.

La chancelière Angela Merkel, qui a grandi en RDA et habitait Berlin-Est en 1989, a confié samedi dans son podcast hebdomadaire son "sentiment indescriptible", ce soir-là. "J'ai dû attendre 35 ans pour (le) ressentir (...) Je ne l'oublierai jamais", a dit la dirigeante, qui doit inaugurer dimanche matin la nouvelle exposition permanente du Mémorial du Mur et assister à un concert dans la salle du Berliner Ensemble, qui fut le théâtre de Bertolt Brecht.

Coup d'envoi Porte de Brandebourg

La Porte de Brandebourg, située en plein centre de la capitale, est au coeur des célébrations baptisées "Le courage de la liberté". Symbole de la partition puis de l'unité de la ville et de l'Allemagne, l'édifice surmonté du célèbre quadrige se trouvait à l'Est, longé par le Mur, dans un no man's land.

L'orchestre de la Staatskapelle, sous la direction de l'Israélo-Argentin Daniel Barenboim, y donnera dimanche à la mi-journée le coup d'envoi de cette fête géante. Des artistes pop, rock ou rap, prendront le relais dans l'après-midi avant un hommage vers 18 heures aux "victimes du Mur", mortes alors qu'elles tentaient de franchir l'édifice. Leur nombre est incertain: dans toute l'ex-RDA, au moins 389 personnes ont péri en essayant de fuir, selon un chiffre officiel que les associations de victimes jugent sous-évalué.

"Frontière lumineuse" de 8.000 ballons

Dans la soirée, d'autres artistes se produiront, dont le vétéran du rock allemand, Udo Lindenberg, auteur en 1983 de Sonderzug nach Pankow ("Train spécial pour Pankow", du nom d'un quartier de Berlin-Est), dans lequel il raille le dernier des dirigeants absolutistes est-allemands, Erich Honecker, pour ne pas l'avoir autorisé à jouer en RDA.

Le Britannique Peter Gabriel, ex-chanteur et fondateur du groupe Genesis, interprétera quant à lui Heroes, le tube enregistré en 1977 non loin du Mur par David Bowie, qui vivait alors à Berlin-Ouest.

Témoignages de dissidents

Également conviés, d'anciens dissidents du régime communiste de l'ex-RDA évoqueront leurs souvenirs de la nuit du 9 novembre 1989. Dès vendredi soir, une chaîne de 8.000 ballons lumineux a dessiné, sur une quinzaine de kilomètres, le tracé de l'ancien Mur, afin de rendre sa présence à nouveau palpable.

Les ballons de la "Frontière lumineuse" ("Lichtgrenze") portent les messages de 8.000 "parrains" récoltés sur un site internet dédié. Symbole d'une frontière qui s'efface, ils seront finalement lâchés dimanche soir dans le ciel berlinois, au son du dernier mouvement de la 9e symphonie de Ludwig van Beethoven - l'Ode à la joie - devenu l'hymne de l'Union européenne.

Parallèlement à ces festivités, Mikhaïl Gorbatchev, 83 ans, Prix Nobel de la paix, sera en visite à Berlin. Il soit notamment participer ce samedi à un débat qui doit évoquer le regain de tension récent entre l'Ouest et la Russie. Jugé responsable en Russie du chaos qui a accompagné la décomposition de l'Union soviétique, le dernier président de l'URSS est au contraire respecté à l'Ouest pour sa décision de renoncer à l'usage de la force pour réprimer les aspirations démocratiques des citoyens des pays satellites.

A.S. avec AFP