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Un mois après l'incendie d'une station d'épuration dans les Yvelines, la Seine toujours polluée

Après l'orage de vendredi dernier, 300.000 mètres cube d'eau polluée ont atteint la Seine.

Depuis l'incendie de la station d'épuration d'Achères, dans les Yvelines, le 3 juillet dernier, des poissons morts flottent à la surface de la Seine. Gaétan Milin, qui vit sur une péniche à proximité du site, ramasse fréquemment des cadavres de poissons venus s'échouer sur la rive. 

Inquiet, il a décidé d'arrêter de pomper et de filtrer l'eau du fleuve pour son usage quotidien. "Quand on voit les poissons qui meurent, on se dit qu'il y a vraiment un problème. L'eau doit être très polluée et il faut qu'on se méfie", explique-t-il. 

"J'ai été surpris qu'on ne nous demande pas notre mail ou notre numéro de téléphone après l'incendie, de façon à nous envoyer un message d'alerte si l'eau du fleuve devenait impropre", poursuit-il. 

L'incendie de cette station d'épuration classée parmi les plus importantes d'Europe a entraîné une interruption temporaire du site, avec pour conséquence le rejet d'eaux usées dans la Seine. Depuis, les activités ont repris mais la station fonctionne toujours au ralenti. En cas de fortes pluies, des eaux polluées se retrouvent donc déversées dans la Seine: après l'orage de vendredi dernier, 300.000 mètres cube d'eau polluée ont ainsi atteint le fleuve.

"L'usine dysfonctionne depuis longtemps. Depuis deux ans, 11 incidents y ont eu lieu. Les syndicats rappellent d'ailleurs à l'ordre régulièrement leur directeur. La première priorité est donc de faire fonctionner correctement cette usine", explique sur BFM Paris Annie Lahmer, conseillère régionale alternative écologie sociale.

Tout risque sanitaire écarté

"Des analyses bactériologiques ont été faites et ont prouvé qu'il n'y avait plus de risques sanitaires", rassure Béatrice Blanchet, adjointe à la direction du Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (SIAAP). "Normalement, les maires ont même pris des arrêtés pour la reprise des activités nautiques."

Si tout risque sanitaire a été écarté, nombreux spécialistes craignent un désastre écologique en attendant que les travaux de rénovation de l'usine soient achevés. 

"A chaque épisode pluvieux, on va avoir des rejets de phosophore dans la Seine jusqu'à ce que tous les poissons sont morts", Marc Lamé, expert en traitement et assainissement des eaux.

"Avant d'atteindre la Seine, l'eau polluée passe par la terre. Toute la faune et toute la biodiversité sont attaquées", s'inquiète Annie Lahmer, qui appelle à une meilleure information sur l'état de l'eau pour les riverains et des maires. 

Cyrielle Cabot