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Transmission de l'animal à l'Homme: l'ONU alerte sur le risque de futures pandémies

(Image d'illustration) "Pteropus poliocephalus" est une chauve-souris originaire d'Australie

(Image d'illustration) "Pteropus poliocephalus" est une chauve-souris originaire d'Australie - Greg Wood - AFP

60% des maladies infectieuses humaines viennent de l'animal, comme cela pourrait bien être le cas pour le Covid-19. Une autre pandémie est très probable, selon l'ONU.

"De nouvelles flambées apparaîtront". Dans un rapport publié ce lundi, l'ONU alerte sur les futures pandémies de zoonoses qui attendent notre planète, si rien n'est fait pour préserver nos écosystèmes. Un zoonose, ou maladie zoonotique, est une affection passée d'une source animale à la population humaine, telle que le Covid-19, qui proviendrait de la chauve-souris.

"De nouvelles flambées apparaîtront à moins que les gouvernements ne prennent des mesures pour empêcher d'autres maladies zoonotiques de pénétrer dans la population humaine", peut-on lire dans un extrait de l'étude.

Selon l'Organisation mondiale de la santé animale, 60% des maladies infectieuses humaines existantes sont zoonotiques et 75% des agents pathogènes, comme Ebola, le VIH et la grippe (aviaire avec H5N1 ou porcine avec H1N1). "Chaque année, quelque deux millions de personnes, principalement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, meurent de zoonoses négligées", écrit l'ONU.

Estimations sur la transmission des maladies de l'animal à l'homme
Estimations sur la transmission des maladies de l'animal à l'homme © Organisation mondiale de la Santé animale

Les zoonoses imputables à l'Homme

La forte émergence des zoonoses est notamment imputable, selon l'ONU, à sept actions humaines sur nos écosystèmes, qui laissent moins de place aux animaux et nous mettent plus régulièrement en contact avec eux:

  1. La demande humaine accrue de protéines animales
  2. L’intensification de pratiques agricoles non durables
  3. L’utilisation et l’exploitation accrues des espèces sauvages et de la faune
  4. L’utilisation non durable des ressources naturelles, encore accélérée par l’urbanisation, le changement d’affectation des sols et les industries extractives
  5. L’augmentation des voyages et des transports
  6. Les évolutions de la chaîne agroalimentaire
  7. Le changement climatique
"La science est claire: si nous continuons à exploiter la faune et à détruire nos écosystèmes, nous pouvons nous attendre à voir un flux constant de ces maladies passer des animaux aux humains dans les années à venir", déclare Inger Andersen, Directrice exécutive du PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement).

Mettre en place une politique de prévention

"Pour prévenir de futures épidémies, nous devons devenir beaucoup plus conscients de la protection de notre environnement naturel", continue Inger Andersen. D'autant que ces pandémies sont coûteuses financièrement. Au cours des deux dernières décennies, les zoonoses ont coûté plus de 100 milliards de dollars. La facture de la pandémie mondiale du Covid-19 devrait atteindre 9000 milliards de dollars, selon le programme environnement de l'ONU.

Pour endiguer ce phénomène, les gouvernements doivent agir, afin d'empêcher d'autres pandémies dramatiques, comme celle du coronavirus. L'ONU propose plusieurs mesures politiques en ce sens.

Les États doivent sensibiliser leur population aux risques sanitaires et environnementaux actuels, abandonner les pratiques agricoles non durables ou encore renforcer les capacités des acteurs de la santé, notamment les recherches sur les zoonoses, afin de les inclure par exemple dans les politiques environnementales. L'ONU réfléchit aussi à s'intéresser aux méthodes mises en place dans des États africains, régulièrement confrontés à des zoonoses.

"Ils mettent en oeuvre, par exemple, de nouvelles approches basées sur les risques plutôt que sur des règles pour lutter contre les maladies et qui sont les mieux adaptées aux environnements pauvres en ressources", déclare le Directeur général de l'ILRI (l'Institut international de recherche sur l'élevage), Jimmy Smith.
Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV