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Élevage intensif, chasse à courre... A quoi ressemblerait un référendum sur la cause animale?

Lamas d'un cirque de Saône-et-Loire, en avril 2020

Lamas d'un cirque de Saône-et-Loire, en avril 2020 - PHILIPPE DESMAZES / AFP

Plusieurs personnalités ont lancé ce jeudi un projet de référendum pour introduire dans la loi française l'interdiction de différents systèmes d'exploitation animale.

Un projet de réferendum contre la maltraitance animale a été dévoilé ce jeudi matin. Le journaliste Hugo Clément, à l'origine du projet, a réuni les chefs d'entreprises Xavier Niel, Marc Simoncini et Jacques-Antoine Granjon autour de ce projet. Ils ont collaboré avec une vingtaine d'associations de défense animale afin d'établir des propositions.

Six mesures phares sont proposées dans ce référendum, publiées sur le site "Référendum pour les animaux": l'interdiction de l'élevage en cage, des élevages à fourrure, de la chasse à courre, du déterrage et des chasses dites traditionnelles, des spectacles avec animaux sauvages, la fin de l'élevage intensif et de l'expérimentation animale, quand cela est possible.

"On a décidé de lancer cette initiative pour permettre de donner la parole aux Françaises et aux Français et de voter pour ou contre des mesures qui permettent d'améliorer concrètement la vie d'un milliard d'animaux chaque année dans notre pays", a déclaré jeudi sur BFMTV Hugo Clément, selon qui la France "est très en retard" sur ces sujets.

Le timming pour lancer ce projet est parfait, selon Marc Simoncini, fondateur du site de rencontres Meetic, interrogé sur BFMTV jeudi: "L'opinion publique est fatiguée de tout ce qu'on fait à la planète, le Covid a encore mis ça en exergue, la vague verte [aux municipales] est arrivée...". "Tout le monde n'est pas d'accord, mais l'écrasante majorité des Français le sont", assure Hugo Clément.

Les conditions du RIP

Pour que les propositions du référendum soient actées dans la loi française, ses initiateurs veulent passer par le RIP (Référendum d'Initiative Partagée). Cette procédure nécessite d'abord l'accord d'au moins 1/5e des parlementaires (députés comme sénateurs), puis d'1/10e du corps électoral, soit actuellement 185 parlementaires et 4.700.000 signatures. "On va développer des comités locaux un peu partout en France pour aller chercher ces signatures", epxlique Hugo Clément.

Le dernier RIP en France concernait la privatisation d'Aéroports de Paris, qui n'a pas obtenu le nombre de signatures nécessaires. "La proposition de loi visant à affirmer le caractère de service public national de l'exploitation des aérodromes de Paris a recueilli 1.093.030 soutiens d'électeurs inscrits sur les listes électorales", écrivait en juin le Conseil Constitutionnel.

Des parlementaires ont déjà commencé à se prononcer en faveur de ce référendum, comme le député de La France Insoumise Bastien Lachaud: "Je soutiens cette initiative comme citoyen, et je serai ravi d'y apporter ma signature comme parlementaire", écrit-il sur Twitter.

Le groupe EDS (Ecologie, démocratie, solidarité) a déjà annoncé le soutien de ses 17 députés à ces propositions "réalisables" qui "correspondent aux attentes des citoyens". "Elles permettront à la France de rattraper son retard sur ses voisins européens et de faire progresser, avec exemplarité, une grande cause de notre temps", juge le groupe EDS dans un communiqué.

"Les défenseurs des animaux n'arrivent pas à avancer de façon politique"

Brigitte Gothière, présidente de L214, a salué une initiative "historique". "La cause animale rassemble des personnes inattendues, comme ces entrepreneurs qui arrivent avec des propositions ambitieuses et pragmatiques", s'est-elle enthousiasmée.

"80% des gens sont d'accord avec les mesures proposées. Les défenseurs des animaux n'arrivent pas à avancer de façon politique. On va montrer aux politiques que le lobbying citoyen populaire est aussi du côté des animaux et qu'il va falloir en tenir compte", espère-t-elle.
De son côté, Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Bardot, considère que "ce gros chantier à mettre en oeuvre est encourageant". "Les organisations de défense des animaux ont été seules pendant des années. Ce combat n'est plus marginalisé, ni ridiculisé par les politiques. L'espoir est de se dire que les citoyens ont le pouvoir d'agir et qu'ils l'imposent aux politiques qui, pour le moment, ont une réponse nulle sur cette attente immense", a-t-il conclu.
Salomé Vincendon avec AFP