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Nord: un maire relance le débat avec un nouvel arrête anti-pesticides

Pierre Canesse, maire de Salomé, a décidé la semaine dernière de prendre un arrêté anti-pesticides, à l'image de ceux pris par Lille et Villeneuve d'Ascq l'année dernière.

L'arrêté anti-pesticides du maire a atteint son objectif. Avec celui-ci, Pierre Canesse, le maire de Salomé, petite commune des Weppes entourée de champs voulait faire réagir. Dès la parution du texte, la FDSEA de Lille a pris contact avec l'élu pour demander une rencontre. Les agriculteurs dénoncent un "coup de communication".

Des plaintes des habitants

Présenté comme une "piqûre de rappel" par l'édile dans La Voix du Nord, cet arrêté vise surtout les agriculteurs qui épandent des substances phytosanitaires dans des conditions qui posent question, notamment quand il y a du vent ou trop près des jardins. "La majorité des agriculteurs font tout très bien. Mais il y en a un ou deux qui prennent beaucoup trop leurs aises", explique le maire à nos confrères.

Le maire assure que les habitants se plaignaient de plus en plus souvent auprès de lui des conditions d'épandage. Et de citer en exemple une maman persuadée que son enfant a été victime d'une importante réaction cutanée, en raison de la diffusion de pesticides.

Des zones tampons

Le maire de Salomé, dans les Weppes, n'est pas le premier à prendre une telle mesure. Il a d'ailleurs pris pour modèle l'arrêté du maire de Langouët, en Bretagne, qui avait vu son arrêté annulé par la justice. Plus près de Salomé, les villes de Lille et de Villeneuve d'Ascq avait déjà pris de pareilles mesures. Mais s'agissant de grandes villes et non de communes rurales abritant des cultures, cette action était en grande partie symbolique. La loi interdit en effet déjà depuis 2017 l'utilisation de produits chimiques par les collectivités pour entretenir les espaces verts et la voirie.

Depuis début 2020, les distances minimales d'épandage ont été fixées à 5 et 10 mètres des habitations, selon les types de culture: cinq mètres pour les cultures dites basses comme les légumes et céréales et dix mètres pour les cultures hautes, fruitiers ou vignes. Une mesure jugée insuffisante par de nombreuses associations de défense de l'environnement.

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions