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Cinq grandes villes dont Paris interdisent les pesticides sur leur territoire

Une manifestation anti-pesticides en région parisienne.

Une manifestation anti-pesticides en région parisienne. - JACQUES DEMARTHON / AFP

Paris, Lille, Nantes, Grenoble et Clermont-Ferrand ont annoncé ce jeudi par l'entremise d'un communiqué commun qu'ils interdisaient les pesticides sur leur territoire.

En pleine polémique sur les distances minimales entre habitations et zones d'épandage, Paris, Lille, Nantes, Clermont-Ferrand et Grenoble s'engagent dans le débat sur les pesticides. Les cinq villes ont annoncé ce jeudi via un communiqué commun leur interdiction sur le territoire de leur commune. 

Penelope Komites, adjointe à la maire de Paris en charge des espaces verts de la capitale a diffusé le texte sur Twitter. "Nous renouvelons notre soutien à (...) aux maires qui ont d’ores et déjà pris des arrêtés interdisant l’usage des produits phytosanitaires chimiques", y est-il notamment écrit. Des arrêtés antipesticides contre lesquels les préfets ont déposé des recours.

"Une démarche concertée pour faire changer la loi" 

"Aujourd’hui, en application du principe de précaution, nous avons décidé collectivement d’élargir par un arrêté municipal pris conjointement, le champ de cette interdiction : l’usage des produits phytosanitaires sera désormais interdit sur l’ensemble des territoires de nos villes. Les différents acteurs concernés seront sensibilisés à ce sujet, par le biais d’une information large que nos villes diffuseront et rappelant les alternatives existantes aux pesticides pour l’entretien des espaces verts", poursuit le document commun. 

Le communiqué développe encore: "En tant qu’élus locaux, nous sommes respectueux des lois de la République. Nous connaissons le statut juridique de tels arrêtés mais il s’agit pour nous d’engager une démarche concertée pour faire changer la loi et concourir à la sauvegarde du patrimoine inestimable de la biodiversité sur nos territoires et de la santé de nos concitoyens."

Une mesure en grande partie symbolique

S'agissant de grandes villes et non de communes rurales abritant des cultures, cette action est en grande partie symbolique. La loi interdit en effet déjà depuis 2017 l'utilisation de produits chimiques par les collectivités pour entretenir les espaces verts et la voirie. Même interdiction depuis janvier pour les particuliers et jardiniers amateurs qui ne peuvent plus utiliser que des produits phytopharmaceutiques d'origine naturelle.

Citant ces changements législatifs, la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, a dénoncé un "coup de com" des municipalités concernées.

Reste tout de même principalement les espaces verts des copropriétés et des entreprises, notamment la SNCF, grande utilisatrice de glyphosate pour désherber ses voies et leurs abords immédiats. "A Lille, il n'y a pas de champs, mais (...) il y a par exemple toutes les voies appartenant à la SNCF et qui bien souvent se trouvent à proximité des habitations !", a commenté Stéphane Baly, président du groupe des élus EELV à Lille.

Cette annonce intervient après le lancement lundi d'une consultation publique sur les pesticides, ouverte jusqu'au 1er octobre. Le gouvernement veut proposer de fixer à 5 ou 10 mètres, selon les cultures, la distance minimale entre les habitations et les zones d'épandage de pesticides, un arbitrage dénoncé comme minimaliste par les écologistes et les associations.

Robin Verner avec AFP