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Les mers et océans pourraient monter de plus de deux mètres d’ici 2100

Des épisodes méditerranéens et d'importantes inondations, comme celles qui ont eu lieu dans le sud de la France ces derniers jours, pourraient augmenter.

Des épisodes méditerranéens et d'importantes inondations, comme celles qui ont eu lieu dans le sud de la France ces derniers jours, pourraient augmenter. - Valéry Hache - AFP

Si le réchauffement climatique continue à son rythme actuel, les scientifiques de l'Alliance nationale de recherche pour l'environnement estiment que cette importante montée des eaux aurait des conséquences dramatiques pour les populations du monde entier, y compris en France.

Fin septembre, les scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) publiaient un rapport dans lequel ils mettaient en garde contre l'accélération, depuis plusieurs décennies, de la montée du niveau des mers et des océans. Les chercheurs prédisaient ainsi que si rien n'était fait pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, cette élévation pourrait être comprise entre 40 cm et 1,10 mètre, environ, d'ici à 2100. Une estimation qui aurait un impact catastrophique sur les littoraux de la planète.

Dans un rapport rendu public ce jeudi, un collectif de chercheurs français de l'Alliance nationale de recherche pour l'environnement imagine un scénario encore plus alarmant que celui du Giec à l'horizon 2100. Ils n'excluent pas que, si le réchauffement climatique continue à sa vitesse actuelle, la montée du niveau des eaux puisse atteindre les deux mètres -voir les dépasser - d'ici le siècle prochain. Cette élévation serait liée à la fonte d'une importante partie des calottes polaires, ce qui aurait des conséquences dramatiques pour les populations côtières.

Des scénarios alarmants

L'Alliance nationale de recherche pour l'environnement imagine ainsi différents scénarios catastrophes qui pourraient se concrétiser à l'échelle mondiale dans moins d'un siècle si les mers et océans grimpaient de deux mètres. 

Dans leur prédiction la plus extrême, les 22 experts issus de 15 organismes de recherche différents décrivent une situation où auraient lieu d'importantes vagues de migrations depuis les métropoles côtières jusqu'à l'intérieur des terres. Ce qui pourrait conduire à la submersion des villes éloignées des littoraux et de toutes les infrastructures - hôpitaux, logements, zones industrielles - qui s'y trouvent.

"Des populations seront amenées à se déplacer et à revenir, selon leurs moyens, vers les grandes villes", a expliqué à France Inter Audrey Bethinger, cheffe de projet de l'étude. "Si la mer monte de deux mètres (...) cela se traduira par des tempêtes plus destructrices, répétées, qui toucheront des zones d'habitation côtières, des infrastructures existantes. Il y aura également une salinisation des terres à répétition qui nuiront à l'agriculture", ajoute-t-elle.

Parmi les autres conséquences probables d'une telle montée des eaux, les scientifiques évoquent également une alimentation moins diversifiée, la disparition d'écosystèmes ou encore un accès de plus en plus compliqué à l'autonomie énergétique.

La France directement menacée

Si certains pays, comme les Pays-Bas, la Chine, le Bangladesh ou le Vietnam, seraient extrêmement impactés par une importante montée des eaux, le rapport précise que la France, et notamment la Nouvelle-Aquitaine, ne seraient pas épargnées. Cette région du sud-ouest serait en effet particulièrement menacée par l'érosion et la submersion de son littoral, qui induiraient une baisse importante du tourisme et un repli de la population sur la métropole bordelaise.

Selon une étude parue dans la revue Nature Climate Change et remarquée par Le Parisien, pas moins de 377 000 Français pourraient par ailleurs être menacés par les inondations côtières dès 2050.

"À l'image des pluies cévenoles qui risquent de se multiplier en France, les inondations à New York, les ouragans à la Nouvelle Orléans ou aux Caraïbes ne sont sans doute qu'un avant-goût des phénomènes météo extrêmes qui vont se multiplier à l'avenir sur la planète", explique Audrey Bethinger dans les colonnes du Parisien.

Une augmentation des épisodes méditerranéens conduisant à d'importantes intempéries, comme les toutes récentes inondations dans le sud de la France, est des plus probables en cas d'importante montée des mers et océans. Les régions situées à l'intérieur des terres mais proches de grands cours d'eau, comme l'Ile-de-France, sont également menacées puisque l'élévation des eaux empêcherait l'évacuation des eaux fluviales, conduisant la aussi à des inondations.

Juliette Mitoyen