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Le débit du Rhône pourrait chuter de 10% à 40% d'ici 2050

Le fleuve risque de subir de plus en plus souvent des périodes de sécheresse liées au réchauffement climatique.

À la centrale hydroélectrique de Pierre-Bénite, difficile de voir à vue d'œil une baisse de débit du Rhône. Pourtant, selon les prévisions de la Compagnie Nationale du Rhône (CNR), il pourrait chuter de 10% à 40% dans les 30 prochaines années.

"Le Rhône sera là mais avec un courant beaucoup plus faible et des zones d'assèchement dans des parties comme le Vieux-Rhône", explique au micro de BFM Lyon David Reynaud, responsable adjoint du site de Pierre-Bénite.

Principale responsable de cette baisse, le réchauffement climatique va engendrer des périodes de sécheresse plus fréquentes et de plus en plus longues, explique le responsable. "Du mois de juin jusqu'à octobre-novembre, en attendant les premières pluies", précise-t-il.

Des bouleversements inévitables

Le Rhône fait d'ailleurs déjà face à des phénomènes inquiétants, constate Pierre-Jean Grangette, directeur de la valorisation de l'énergie à la CNR. "On est dans une période très longue d'anomalie positive de températures. Ça fait quinze mois consécutifs que nous nous trouvons dans des températures moyennes au dessus des normales".

Selon lui, les bouleversements sur et autour du Rhône sont inévitables. "On risque d'avoir des conflits de ressource en eau d'ici la fin du siècle, entre l'eau potable, l'irrigation, la navigation et la production du Rhône", prévient-il, craignant pour sa part une diminution importante de la production d'hydroélectricité.

Aujourd'hui, la Compagnie nationale produit 25% de cette d'énergie en France et fournit le courant à environ six millions de personnes.

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions