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Des microplastiques découverts dans cinq fleuves français, d'après la Fondation Tara Océan

Vue aérienne de la Seine

Vue aérienne de la Seine - Thomas SAMSON / AFP

Neuf fleuves européens dont le Rhin, la Seine, le Rhône, la Garonne et la Loire contiennent des microplastiques, selon la fondation Tara Océan ce samedi.

Des microplastiques omniprésents, véritables "éponges à polluants": après six mois à sillonner neuf fleuves européens dont cinq français, la fondation Tara Océan a dévoilé samedi ses premières conclusions sur cette source majeure de pollution.

Des scientifiques ont prélevé des échantillons dans la Tamise, l'Elbe, le Rhin, la Seine, l'Ebre, le Rhône, le Tibre, la Garonne et la Loire entre mai et novembre, "au large des neuf estuaires, à leur embouchure, en aval et en amont de la première grande ville à forte population située sur les fleuves", selon un communiqué de presse. 

"100% des prélèvements d'eau effectués dans les neuf fleuves européens contenaient des microplastiques", indique la fondation Tara Océan.

Les plastiques provenant de la terre ferme se décomposent rapidement dans les fleuves, avant même d'atteindre le large. Parmi ces microplastiques se trouvent des microbilles présentes dans certains cosmétiques et des dentifrices, mais surtout des minuscules fragments de moins de cinq millimètres.

"Ces microplastiques représenteraient plus de 90% des 5 000 milliards de morceaux de plastiques flottant à la surface de nos océans", estime la fondation Tara Océan, qui a travaillé sur cette mission avec 17 laboratoires de recherche sous l'égide du CNRS.

Des microplastiques toxiques

Les scientifiques ont également observé que ces microplastiques étaient toxiques.

"Certaines matières plastiques relarguent leurs additifs (notamment des perturbateurs endocriniens comme les bisphénols A et les phtalates)", rappelle la fondation Tara.

Mais encore plus inquiétant, d'autres plastiques "se sont aussi révélés être des "éponges à polluants"".

Ces petits bouts accumulent "des polluants présents dans les fleuves (pesticides, hydrocarbures, métaux lourds...) et peuvent avoir des effets toxiques sur les organismes qui les ingèrent, ralentissant leur croissance, leur reproduction, en perturbant leur métabolisme et leur système hormonal", selon l'analyse scientifique.

Ces prélèvements seront disséqués pendant 12 à 18 mois en laboratoire, pour tenter de savoir d'où viennent ces plastiques ou encore identifier les bactéries et microorganismes qui participent à leur fragmentation.

Des solutions "définitivement à terre"

L'omniprésence de ces microplastiques "rend impossible le nettoyage des fleuves. Les solutions contre cette hémorragie sont définitivement à terre", relève Romain Troublé, de Tara Océan.

La fondation plaide pour une meilleure collecte et recyclage des déchets, une réduction des plastiques à usage unique dont les emballages ou encore une réduction du nombre de résines utilisés et la complexité des additifs.

Concernant la France, elle appelle à utiliser le projet de loi pour une économie circulaire pour "rapidement réduire à moyen et long terme les déchets à la source en développant le réemploi et la réparabilité".

A.J. avec AFP