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Environnement: qu'est ce que le projet de "Grande muraille verte" en Afrique?

Les sols asséchés au Sénégal (Photo d'illustration).

Les sols asséchés au Sénégal (Photo d'illustration). - SEYLLOU DIALLO

Une rencontre consacrée à ce projet a eu lieu ce lundi, avant le "One planet summit", une conférence organisée à Paris qui s'est en grande partie tenue en visio-conférence.

Il s'agit d'un des plus grands projets écologiques au monde. Le président Emmanuel Macron a indiqué, ce lundi, que 14,3 milliards de dollars allaient être investis dans le projet de "Grande muraille verte", initiative africaine pour lutter contre la désertification et le changement climatique dans 11 pays d'Afrique.

Un "One Planet Summit" consacré à la biodiversité s'est tenu ce lundi à Paris avec pour objectif de relancer une diplomatie verte mise à l'arrêt par le Covid-19, pandémie qui illustre précisément les dangers des dérèglements environnementaux.

En préambule à ce sommet international s'est tenue une rencontre consacrée à la "Grande muraille verte". Sur Twitter, Emmanuel Macron a indiqué que les acteurs de ce projet, parmi lesquels la France, allaient mobiliser 14,3 milliards de dollars pour ce projet destiné à "verdir le Sahel".

· Une initiative panafricaine

L'idée a pour la première fois été évoquée par la voix d'un explorateur et forestier écologiste anglais du nom de Richard St. Barbe Baker, qui imagina dans les années 1950 un mur d'arbres afin de reverdir le Sahara, rapportait Euractiv en 2016.

Cette idée sera défendue dans les années 1980 par le président du Burkina Faso, Thomas Sankara, avant d'être officiellement lancée en 2007 par l'Union africaine.

· Lutter contre la désertification et reverdir le Sahara

Le projet de Grande muraille verte est ainsi lancé en janvier 2007. Il est destiné à traverser 11 pays africains: la Gambie, le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Tchad, le Soudan, l'Ethiopie, Érythrée et Djibouti.

L'idée est de construire un mur d'arbres qui traversera l'Afrique d'Est en Ouest sur près de 7700 km, à cheval sur les territoires de 11 pays et quelque 100 millions d'hectares de terres dégradées. L'objectif est de lutter contre la désertification et le réchauffement climatique et préserver la biodiversité, mais aussi de créer des emplois.

· Où en est le projet?

Près de 15 ans après son lancement, le projet n'a pas encore avancé au rythme espéré. Selon Les Échos, qui cite un rapport de septembre commandé par la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, 4 millions d'hectares ont été réhabilités entre 2011 et 2019. Ce qui, selon le quotidien économique, induit qu'il faudrait restaurer deux fois plus de terre chaque année pour parvenir à tenir les objectifs fixés pour 2030.

"Seuls 4 millions d'hectares sont aménagés, les investissements sont très en deçà des engagements pris, la dynamique est enrayée par les nombreux trafics et les problèmes sécuritaires", a dénoncé Faki Mahamat, président de la Commission de l'Union africaine, cité par Le Figaro. Pour lui, il y a par ailleurs une "cacophonie" dans la gouvernance du projet.
Jeanne Bulant et Clarisse Martin avec AFP