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Un mois après le déconfinement, la pollution de l'air a fait son retour

Photo de la Tour Eiffel le 7 mai 2020

Photo de la Tour Eiffel le 7 mai 2020 - JOEL SAGET / AFP

La pollution de l'air a grandement diminué pendant le confinement, mais avec la fin d'une bonne partie des restrictions de déplacements, et donc l'augmentation de la circulation automobile, les instituts de surveillance de la qualité de l'air notent la remontée de certains polluants. Toutefois, les taux mesurés actuellement restent encore en-dessous des "normales" de cette période.

Le confinement et les restrictions de déplacement mises en place pour éviter la propagation du Covid-19 ont eu des effets impressionnants sur notre environnement, notamment sur la pollution de l'air. Mais un mois après le déconfinement, les organismes de surveillance de la qualité de l'air notent un retour progressif aux taux de pollution observés habituellement, notamment du dioxyde d'azote, ce polluant dégagé par les véhicules.

"Sur la période du 11 au 31 mai, la reprise progressive des activités, et particulièrement du trafic, a conduit à une remontée des quantités de polluants rejetés dans l’atmosphère pour les oxydes d’azote (NOx) et les particules (PM10 et PM2.5) à des niveaux équivalents à 80% des émissions observées avant le confinement", écrit AirParif (institut de surveillance de la qualité de l'air en Île-de-France), dans un rapport publié mercredi.

Chute du taux de dioxyde d'azote en confinement

La chute de ces polluants au début du confinement avait été "brutale et sans précédent, avec des émissions divisées par 4 par rapport aux niveaux pré-confinement", note AirParif. L'organisme explique que la baisse observée des concentrations de dioxyde d’azote est passée "de -25% pendant le confinement [par rapport aux taux moyens les années précédentes] à -15% sur les 3 premières semaines de déconfinement".

La remontée des taux de pollution au dioxyde d'azote a été remarquée dans d'autres régions. ATMO (Association de surveillance de la qualité de l'air) Nouvelle Aquitaine note dans son dernier bilan une hausse sur quatre semaines consécutives du taux de dioxyde d'azote, qui a commencé la première semaine avant le déconfinement.

Taux de dioxyde d'azote mesuré en Nouvelle Aquitaine par semaine
Taux de dioxyde d'azote mesuré en Nouvelle Aquitaine par semaine © ATMO Nouvelle Aquitaine

La hausse des polluants a été particulièrement forte aux abords des voies de circulation dense. A proximité des grands axes routiers, Atmo Sud souligne une augmentation des oxydes d'azote d'en "moyenne près de 60% à l’échelle de la région ces trois dernières semaines" de mai, par rapport à la période de confinement.

En Île-de-France, les émissions de NOx, PM10 et PM2.5 liées au trafic sont remontées jusqu'à 90% de leur niveau habituel sur le boulevard périphérique. "De manière ponctuelle, on observe sur certains jours un retour à la 'normale' sur le boulevard périphérique, avec un niveau d’émissions égal à 100% du niveau de début mars", écrit également AirParif.

Mais globalement, les taux de dioxyde d'azote restent en-dessous des taux mesurés habituellement sur ces périodes. ATMO Sud écrit par exemple que "les concentrations observées depuis la levée du confinement à proximité des grands axes routiers, restent de l’ordre de 40% plus faibles que les années précédentes à la même période".

L'évolution du taux de particules fines plus variée

Pour les particules fines, le bilan est plus hétérogène. Elles sont issues de plusieurs sources (trafic, agriculture, chauffage…) et influencées par les conditions météorologiques. Leur taux n'a donc pas diminué partout de la même façon. Concernant les PM10 et PM2,5, "après une diminution de -7% [une baisse bien moins marquée que les NOx, ndlr] pendant le confinement, les niveaux observés habituellement à cette période de l’année sont atteints de nouveau", explique AirParif.

ATMO Sud note même une augmentation des PM2,5 au début du confinement, du 17 mars au 17 avril. Un effet "principalement lié à la combustion du bois (chauffage au bois et brûlage de déchets verts)" et aux conditions météorologiques défavorables à la dispersion des polluants: "peu de vent, stabilité atmosphérique, températures douces…"

ATMO Sud
ATMO Sud © ATMO Sud
ATMO Nouvelle Aquitaine écrit de son côté que les "concentrations en particules PM10 et PM2,5 mesurées pendant la 1e phase du déconfinement correspondent aux concentrations normales de saison".

"Les niveaux de pollution se rapprochent des conditions habituelles"

Le taux d'ozone a lui fortement augmenté ces dernières semaines. Il s'agit d'un polluant dit "secondaire", car il n'est pas directement émis par les activités humaines. "L'ozone présent dans l'air ambiant résulte de la transformation photochimique de polluants présents dans l'atmosphère (dioxyde d'azote, composés organiques volatils...), sous l'effet des rayonnements UV du soleil", explique ATMO Nouvelle Aquitaine.

Dans cette région, ce polluant a atteint fin mai les niveaux maximaux enregistrés habituellement à cette période, notamment à cause de conditions météorologiques favorables.

Si la reprise des taux de pollution est avérée en France, un mois après le déconfinement, elle reste progressive, probablement limitée par des mesures de confinement prolongées, comme le maintien d'une partie du télétravail. "Mais d’ores et déjà les niveaux de pollution se rapprochent des conditions habituelles en Île-de-France à cette période de l’année", écrit AirParif.

Salomé Vincendon