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Cop21: 24 militants ont été assignés à résidence

Des policiers devant l'entrée de la Cop21 au Bourget, au Nord de Paris.

Des policiers devant l'entrée de la Cop21 au Bourget, au Nord de Paris. - Loïc Venance-AFP

Alors que la Cop21 doit ouvrir ses portes lundi au Bourget, 24 militants ont été assignés à résidence. Autre effet de l'état d'urgence décrété après les attentats de Paris et Saint-Denis. Leur avocate dénonce"une atteinte au droit de manifester".

Nouvelle mesure restrictive à deux jours de l'ouverture de la Cop21. Quelque 24 militants ont été assignés à résidence dans le cadre de l'état d'urgence décrété après les attentats du 13 novembre de Paris et Saint-Denis. Objectif : les empêcher d'aller manifester dans les rues de la capitale lors de la conférence climat qui attend 147 chefs d'Etat.

Pointer trois fois par jour au commissariat

Dans trois de ces arrêtés, consultés par l'AFP, les personnes visées, âgées de 27 à 30 ans, soupçonnées d'appartenir à "la mouvance contestataire radicale", ont interdiction de quitter leur ville de l'ouest de la France, à moins d'obtenir une autorisation du préfet. Elles doivent également pointer trois fois par jour au commissariat et ont l'obligation de rester à leur domicile de 20 heures à 6 heures jusqu'au 12 décembre, soit le lendemain de la clôture de la conférence.

Dans les trois cas, le motif invoqué par le ministre de l'Intérieur est le même. "La gravité de la menace" que la personne "représente pour l'ordre et la sécurité publics". "La forte mobilisation des forces de sécurité pour lutter contre la menace terroriste ne saurait être détournée pour répondre aux risques d'ordre public liés à de telles manifestations revendicatives", dit le texte.

"Un détournement de l'état d'urgence"

Le ministère reproche aux trois assignés d'avoir déjà commis de "graves troubles à l'ordre ou la sécurité publics" en participant à des manifestations violentes et souligne qu'ils ont déjà été interpellés, à une reprise, en possession de cocktail molotov.

Du côté de leurs soutiens, c'est l'incompréhension. Contactée par l'AFP, leur avocate, Marie Dosé, regrette "une atteinte au droit de manifester" et "un détournement de l'état d'urgence". Et compte former des recours au tribunal administratif.

"Un danger pour les libertés publiques"

D'autres mesures de ce genre ont été prises par les autorités. Des perquisitions ont visé des militants proches des milieux zadistes et écologistes à Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, et chez des maraîchers bio de Dordogne, rapporte Le Monde. Jeudi, la Ligue des droits de l'Homme s'est élevée contre une assignation à résidence visant un membre de l'équipe juridique de la Coalition Climat21, qui rassemble 130 associations. Et dénonce, avec l'état d'urgence, "un danger pour les libertés publiques".

C. H. A. avec AFP