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Climat: le statu quo pourrait coûter très cher selon le GIEC

Puits de pétrole en Californie.

Puits de pétrole en Californie. - -

VIDEO - Pour limiter le réchauffement climatique, il va falloir "éviter de remettre à plus tard les efforts", selon le GIEC qui publie un rapport dimanche.

Limiter le réchauffement climatique à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle est encore possible, mais implique d'agir vite pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 à 70% d'ici 2050, selon les experts du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (Giec). Sans changement majeur et rapide dans le mix énergétique mondial très dépendant du charbon et du pétrole, la hausse du thermomètre mondial sera de 3,7 à 4,8°C à l'horizon 2100, selon un document publié dimanche à Berlin par le Giec.

"Le train d’atténuation du changement climatique doit quitter la gare maintenant", prévient le président du GIEC, Rajendra Pachauri.

"Cela vaut la peine de payer"

L'étude du Giec estime que la communauté internationale a les moyens d'assurer le passage de l'énergie fossile aux énergies renouvelables comme l'éolien, le solaire ou le nucléaire. Cette transition ne retirerait selon le Giec que 0,06 point de pourcentage par an à la croissance économique mondiale.

"Nous avons une fenêtre d'opportunité dans la prochaine décennie, au maximum dans les deux prochaines décennies", pour agir à moindre coût, a déclaré Ottmar Edenhofer, qui a coprésidé une réunion à Berlin du groupe d'experts de l'Onu. "Je ne dis pas que cela ne coûtera rien. Je ne dis pas que la politique climatique est gratuite, mais cela vaut la peine de payer", a-t-il dit.

"Un problème de volonté globale, pas de capacité"

Le rapport, approuvé par les gouvernements, doit servir de document scientifique de référence aux pays qui négocient un accord de réduction des émissions de gaz à effet de serre en vue de la conférence de Paris sur le climat fin 2015.

Les gouvernements ont promis de limiter la hausse des températures à un maximum de 2 degrés Celsius par rapport à l'ère pré-industrielle pour éviter une multiplication d'événements climatiques extrêmes que le Giec juge liés au réchauffement.

L'organisme calcule cependant que pour remplir un tel objectif, il faudrait que les émissions de gaz à effet de serre atteignent un pic prochainement et chutent de 40 à 70% par rapport à leurs niveaux de 2010 d'ici à 2050, puis soient proches de zéro d'ici à 2100.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a jugé que chaque année d'inaction augmentait le coût futur de la lutte contre le réchauffement climatique. "Ce rapport montre très clairement que nous sommes confrontés à un problème de volonté globale, pas de capacité", a-t-il dit.

K. L avec AFP