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Conclusions du Giec sur le climat: "La Terre est dans le pétrin"

Les ONG avaient claqué la porte de la conférence sur le climat à Varsovie en novembre.

Les ONG avaient claqué la porte de la conférence sur le climat à Varsovie en novembre. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Pour la responsable climat de l'ONU, l'histoire a encore deux fins, mais nos choix sont désormais déterminants pour l'avenir de la planète. Laurent Fabius et John Kerry ont également reconnu l'urgence.

Experts et ONG sont unanimes. L'avertissement lancé lundi par les experts du Giec sur les impacts croissants du changement climatique doit pousser les dirigeants de la planète à faire plus contre le réchauffement.

"La Terre est dans le pétrin", résume le Fonds mondial pour la nature (WWF) après la publication de ce nouveau rapport. Le Giec pointe en effet des risques d'insécurité alimentaire, de déplacements de populations, de pénurie d'eau mais aussi de conflits dans certaines régions du monde.

Le rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) "renforce un constat qui fait réfléchir: le changement climatique est réel, il survient maintenant et il affecte les vies et les moyens de subsistance des populations aussi bien que les fragiles écosystèmes dont dépend la vie", estime le WWF.2°C, il n'y aura pas d'impacts majeurs."

Pour Kerry, on n'a pas "le luxe dattendre"

Ce nouveau constat est "comme une histoire avec deux fins", l'une qui parle "d'inaction" et l'autre "du moment à saisir pour opérer des changements", selon la responsable climat de l'ONU, Christiana Figueres. "La fin est sans aucun doute déterminée par nos choix aujourd'hui", ajoute-t-elle.

Pour l'Alliance des petits Etats insulaires (Aosis), rassemblant les pays en première ligne face à la montée du niveau de la mer, les conclusions du Giec "ne sont pas une surprise". Mais sa présidente, l'ambassadrice Marlene Moses, "espère que cela va aider à convaincre la communauté internationale (...) de répondre à la crise avec une urgence plus grande, pas dans un futur abstrait mais immédiatement".

"On ne peut se payer le luxe d'attendre", a estimé en écho le secrétaire d'Etat américain, John Kerry.

"Urgence mais pas fatalité" pour Fabius

"Nous sommes sur la corde raide mais si nous agissons avec audace et réduisons plus rapidement les sources de pollution, des menaces majeures pour la sécurité des hommes peuvent être évitées", estime Greenpeace.

"Comme le confirment les experts du GIEC, pour le climat, il y a urgence, mais il n'y a pas de fatalité", veut aussi croire le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. "Des solutions existent. Elles passent par l'adaptation de nos modèles économiques aux exigences du développement durable et par l'accélération de la transition énergétique", ajoute-t-il.

D'autant que le "message" du Giec est "clair", affirme le climatologue Jean Jouzel: "si on réussit à limiter le réchauffement à 2°C, il n'y aura pas d'impacts majeurs." Le prochain grand rendez-vous de la communauté internationale a lieu à Paris fin 2015 avec pour objectif de parvenir à un accord contraignant de limitation des émissions de gaz à effet de serre et, exigence des pays les plus pauvres, une mobilisation de fonds pour les aider à s'adapter au réchauffement.

A. D. avec AFP