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Alaska : l'île de Kivalina et ses 450 habitants menacés de disparition

L'île Ellesmere, au Canada, vue du ciel (illustration)

L'île Ellesmere, au Canada, vue du ciel (illustration) - MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Menacée par l'érosion, conséquence du réchauffement climatique, la petite île de Kivalina, en Alaska, pourrait être amenée à disparaître, faisant de ses 450 habitants les premiers réfugiés climatiques du continent américain.

Erosion, manque de nourriture... le quotidien de la communauté inupiat installée sur l'île de Kivalina, en Alaska, est de plus en plus précaire et dangereux. Le 21 novembre dernier, une violente tempête a frappé ce petit îlot dont le point culminant ne dépasse pas les trois mètres, obligeant les 450 habitants du village à se calfeutrer pendant deux jours et une nuit dans une école, rapporte Le Monde. Par chance, des morceaux de glace empilés sur la plage ont permis d'épargner les habitations. Mais les scientifiques sont alarmistes sur l'avenir de cette île.

"La hausse brutale du niveau de la mer causée par les dépressions n’est pas anormale en cette saison, mais la banquise côtière, qui a toujours formé un rempart naturel, s’est dramatiquement amincie ces dernières années", explique Reploge Swan Sr au quotidien.

La construction d'une digue en 2008 ne semble pas protéger efficacement Kivalina, située à 130 km au nord du cercle polaire. Outre les inondations, les habitants sont par ailleurs confrontés à une raréfaction croissante de leurs sources de nourriture, majoritairement issues de la chasse et de la pêche. Or "si le changement climatique nous empêche de pêcher et de chasser, il n’y aura plus rien dans nos assiettes", assure Reploge Swan Sr.

Face à cette situation, une avocate spécialisée dans le droit de l'immigration, Robin Bronen, se démène pour faire reconnaître le statut de réfugié climatique aux populations de l'Arctique. Selon elle, l'accord de Paris de 2015 constitue une "avancée importante", mais il n’est pas à la hauteur de la "spécificité des régions arctiques". "Le degré Celsius qui marque la différence entre l’eau et la glace peut signifier la vie ou la mort pour ses populations", explique-t-elle, avant d'ajouter : "C’est une question relative aux droits de l’homme et de la personne qui constitue le plus gros défi de notre époque".

Mélanie Rostagnat