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Bertrand Delanoë veut bannir les véhicules les plus polluants de Paris

Le boulevard périphérique parisien

Le boulevard périphérique parisien - -

Le maire de Paris souhaite interdire à la circulation les voitures de plus de 17 ans, les camions de plus de 18 ans, et les motos de plus de 10 ans.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui a décidé d'accélérer la lutte contre la pollution va proposer à son Conseil le 12 novembre prochain une batterie de mesures nouvelles, dont l'interdiction dès septembre 2014 des véhicules les plus polluants.

"Je propose une nouvelle étape de notre lutte contre la pollution. Je fais des propositions et je souhaite que progressivement nous interdisions les véhicules qui sont les plus nocifs pour la santé", a déclaré le maire PS sur RTL.

Les voitures de plus de 17 ans interdites

Bertrand Delanoë veut qu'à partir de septembre 2014 soit interdite la circulation dans la capitale des véhicules particuliers et utilitaires de plus de 17 ans et des poids-lourds de plus de 18 ans, soit "les véhicules les plus polluants".

Pour ne pas pénaliser les ménages et les professionnels les plus modestes, des "mesures d'accompagnement social" seraient prises.

Pour les deux-roues motorisés, qui seraient astreints à un contrôle technique, l'interdiction de circuler s'appliquerait "aux véhicules de plus de dix ans".

Le maire de Paris invite aussi le gouvernement à "réfléchir à la réduction progressive des avantages fiscaux actuellement accordés aux véhicules diesel". Les écologistes d'EELV ont déclaré mardi qu'ils déposeront au prochain Conseil de Paris cinq vœux pour "substituer des véhicules propres" au diesel.

Péage et vitesse limitée

Selon Bertrand Delanoë, il faut agir en amont, bien au-delà du périphérique. Pour les poids-lourds, il prône "un péage sur les autoroutes métropolitaines" menant à la capitale et confirme sa "volonté de supprimer progressivement, et de manière concertée, toute circulation de transit dans Paris et sur le boulevard périphérique. Les poids-lourds ne pourraient emprunter le périphérique qu'en échange du versement d'une "éco-taxe".

Le maire de la capitale revient aussi à la charge sur son souhait de voir la vitesse maximale réduite de 80 à 70 km/h sur le périphérique, espérant une entrée en vigueur "début 2013". La Ville envisage enfin "le développement des zones" limitant la vitesse des à 30 km/h à Paris intra-muros, en commençant par l'avenue de Clichy "à l'été 2013".

Une "imposture", selon l'opposition

Le Conseil de Paris ne décidera pas seul, toutefois : l'arsenal anti-pollution auquel songe le maire de la capitale nécessite entre autres l'agrément de l'Etat ou de la préfecture de police.

Dans un projet de communication au Conseil de Paris que s'est procuré l'AFP et que l'UMP dénonce dès à présent comme "une imposture", Bertrand Delanoë rappelle que dans la capitale, "où les industries polluantes ont quasiment disparu, la voiture est aujourd'hui la principale source de pollution". "Il est donc indispensable de réduire son influence sur l'espace urbain".

Beaucoup a été fait : restrictions à la construction de parkings, réaménagement de places ou de voies au profit des piétons et des "transports doux ou propres" avec la mise en service du tramway, fermeture des voies sur berges, usage intensifié du vélo grâce à des pistes cyclables et à Vélib', apparition d'Autolib'. "La circulation automobile, tous types confondus, a diminué de 25% en dix ans", selon la Ville.

Les Zone d'actions prioritaires pour l'air "à l'ordre du jour"

Imaginé en 2010, le dispositif gouvernemental Zone d'actions prioritaires pour l'air (Zapa), contenant des interdictions de circuler, n'a pas dépassé le stade du projet sous l'ancienne majorité UMP. La majorité ayant changé de couleur, "la remise à plat des Zapa" est aujourd'hui à l'ordre du jour, avec la création d'un Comité interministériel ad hoc, estime Bertrand Delanoë.

C'est un plan global qu'entend proposer le maire de Paris aux "partenaires" de la Zapa, l'Etat, Paris-Métropole, qui réunit 202 collectivités d'Ile-de-France, et plus spécialement Plaine commune, la communauté d'agglomération autour de Saint-Denis, au nord de la capitale.

Stigmatisant "l'embolie organisée de Paris" par le maire, les élus UMP de la capitale ont affirmé que sa politique "n'est qu'un leurre".