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Nellie Bly, pionnière du journalisme d’immersion, naissait il y a 151 ans

Doodle Google en l'honneur de Nellie Bly.

Doodle Google en l'honneur de Nellie Bly. - Capture d'écran Google

Nellie Bly ne pensait pas faire carrière dans le journalisme. Elle en est pourtant devenu une légende. Google célèbre aujourd’hui l’anniversaire de sa naissance par un doodle mondial. 

Quand elle écrit à George Madden, rédacteur en chef du Pittsburgh Dispatch, celle qui n’est pas encore Nellie Bly mais Elizabeth Jane Cochran n’imagine pas qu’elle pose alors la première pierre d’une incroyable carrière journalistique. La jeune fille, outrée par les propos ouvertement misogynes d’un éditorial titré "Ce à quoi sont bonnes les jeunes filles", lui adresse une missive musclée signée "L’orpheline solitaire" 

Loin de s’attirer les foudres du patron de presse, Nellie Bly découvre quelques jours plus tard, dans le même journal, une annonce étonnante: le Pittsburgh Dispatch souhaite rencontrer "L’orpheline solitaire" pour discuter d’une éventuelle collaboration. Après un essai fructueux, George Madden l’embauche et lui choisit le pseudonyme de Nellie Bly. 

Mais l’époque est assez dure pour les femmes journalistes, qui ont du mal à sortir des pages traitant des travaux ménagers. Nellie Bly ne sera pas de celles-ci: elle monte au créneau et finit par obtenir sa mutation en tant que correspondante au Mexique, où elle passera six mois. 

Nellie Bly en immersion

A son retour, en 1887, Nellie Bly quitte le Pittsburgh Dispatch et déménage à New York où elle accepte une mission d’immersion incroyable pour le New York World: feindre la folie pour intégrer un asile et raconter de l’intérieur les mauvais traitements du personnel sur les patients.

Après une nuit d’entraînement, elle se présente à la porte du sanatorium et déroule sa partition. L’illusion est parfaite: tous les médecins la déclarent folle et se prononcent pour son internement. Nourriture avariée, eau souillée, bâtiments infestés de rats, bains glacés, patients battus: le tableau est d’une noirceur affolante. 

Elle en ressort dix jours plus tard et raconte les horreurs qu’elle y a observées dans un livre, Ten days in a Mad-House. La sortie fait la une de toute la presse et entraîne des changements drastiques dans l’organisation des hôpitaux psychiatriques. 

La même année, déguisée, elle intègre la garde rapprochée d’un narcotrafiquant célèbre, Edward Phelps. Son travail permettra la traduction en justice de Phelps et de plusieurs grands noms de la scène politique américaine.

Le Tour du Monde de Nellie Bly

Par la suite, elle se lance dans une tentative de tour du monde sur les pas de Phileas Fogg, le héros du Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne. Elle boucle l’aventure en 72 jours et raconte son épopée dans un livre devenu un classique de la littérature journalistique.

Nellie Bly meurt à l’âge de 57 ans des suites d’une pneumonie. Aujourd’hui, le New York Press Club décerne encore le prix Nellie Bly Club Reporter aux meilleurs travaux produits par des jeunes journalistes.

Google lui rend hommage aujourd’hui par un doodle célébrant les 151 ans de sa naissance.

François DE LA TAILLE