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M. Chat: les poursuites de la RATP annulées par la justice

L'artiste peint des chats jaunes sur les murs des villes du monde entier depuis 2007.

L'artiste peint des chats jaunes sur les murs des villes du monde entier depuis 2007. - Loveboat - Wikimedia - CC

Le procès de l'artiste grapheur a été annulé, ce mercredi. La RATP voulait que Monsieur Chat paye une amende pour avoir peint son personnage sur des murs en rénovation. Des hommes politiques de droite comme de gauche ont annoncé leur soutien.

Monsieur Chat n'aura pas à verser un centime. La RATP réclamait 1.800 euros à l'artiste grapheur Thoma Vuille, connu pour tapisser les murs de chats jaunes, au visage rond et souriant.

Son avocate avait soulevé la nullité de la convocation, qui visait des articles de loi abrogés.

La RATP avait d'abord annoncé des dommages et intérêts de 1.800 euros pour avoir commis des "dégradations": en août, il a reconnu avoir peint son emblématique chat sur les murs de la station Châtelet, au centre de Paris, actuellement en rénovation.

Finalement, la régie des transports parisiens ne réclamait qu'un euro symbolique.

Une pétition de soutien obtient 20.000 signatures

Les ravalements coûtent 5 millions d'euros par an à la RATP, qui précise qu'elle porte systématiquement plainte en cas de graphitis. Mais l'avocate de Thoma Vuille rappelle que les murs en question ont été recouverts de carrelage, et n'ont pas eu à être nettoyés. Elle juge donc l'amende "absurde". Sur internet, plus de 20.000 personnes ont signé une pétition de soutien à l'artiste.

Thoma Vuille, 37 ans, peint son chat jaune et souriant sur les murs des villes depuis 1997. Depuis, son personnage se retrouve dans des capitales européennes, mais aussi dans des galeries, où il est désormais exposé.

Le soutien d'élus de gauche...

Au mois d'août, Christophe Girard, maire PS du 4e arrondissement de Paris, a publié une tribune de soutien à Monsieur Chat, où il déclare vouloir "encourager les artistes responsables".

Jérôme Coumet, maire PS du 13e arrondissement, a quant à lui laissé l'artiste peindre un des murs de son quartier mardi, et a annoncé vouloir être présent lors du procès. Le député EELV Denis Baupin a également soutenu l'artiste.

... Comme de droite

Mais les soutiens du grapheur ne se limitent pas à la gauche. Serge Grouard, le député maire UMP d'Orléans, où le chat est apparu, a annoncé dans un communiqué qu'il serait présent lors du procès.

"Je comprends qu'on lutte contre les tags. Ce n'est pas le cas de Thoma", expliquait-il en septembre. Le maire avait déjà pris la défense de Monsieur Chat quand il avait été arrêté à Orléans par la police municipale, en 2007. Et dès 2002, il avait demandé d'éviter les peintures de chats souriants lors du ravalement de quartier.