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Le Louvre victime d'un vaste trafic de billets d'entrée

Au musée du Louvre, un système de trafic de billets s'est mis en place, notamment pour les tours opérateurs

Au musée du Louvre, un système de trafic de billets s'est mis en place, notamment pour les tours opérateurs - AFP

Le célèbre musée est la cible d'un important trafic de billets d'entrée qui profite notamment aux tours-opérateurs chinois.

Le musée du Louvre est la cible d'un important trafic de billets bien rodé, qui s'opère tous les jours aux abords du Carrousel. Le principe: revendre des tickets déjà utilisés, ramassés par terre par les vendeurs à la sauvette.

En effet, chaque billet individuel permet de rentrer et sortir plusieurs fois du musée et peut donc passer de main en main. Une astuce dont profitent à plus grande échelle certains tours opérateurs, notamment chinois.

Réutiliser les billets plusieurs fois par jour

La technique est simple: acheter des billets en grande quantité, qui pourront être réutilisés toute la journée.

Dès l'ouverture du musée, des revendeurs s'occupent donc d'acheter des dizaines de billets avant d'aller les donner aux guides qui encadrent plusieurs groupes. A la sortie de la visite, l'acheteur retrouve ces mêmes guides et de nouveaux échanges de billets s'opèrent. Un seul et même billet permet donc l'entrée de plusieurs personnes.

"Il faut mettre en oeuvre des mesures qui fassent que ça cesse. On pourrait instaurer un billet unique, c'est à dire pour une seule entrée. A partir du moment où l'on sort, le billet n'est plus valide et le trafic s'arrête", propose Catherine Dumas, sénatrice LR de Paris.

Un "contournement du règlement"

Contactée par BFM Paris, la direction du musée assure avoir connaissance de cette pratique, qu'elle ne considère pas comme du trafic mais comme un "contournement du règlement".

Depuis janvier, ce ticket individuel ne peut être utilisé que trois fois dans la journée et les groupes peuvent désormais faire l'objet d'un contrôle.

Mais ce commerce parallèle ne s'arrête pas là: dehors, les audioguides en chinois sont également loués aux touristes pour environ 5 euros. Si le musée ne fournit pas d'audioguides dans cette langue, il affirme y travailler. Chaque année, près d'un million de touristes chinois passent les portes du Louvre.

M. F. avec William Helle