BFMTV

Le journal d'une jeune Polonaise tuée par les nazis découvert 70 ans plus tard

Le Ghetto de Varsovie

Le Ghetto de Varsovie - AFP

Renia Spiegel a été abattue en 1942 par des soldats allemands alors qu'elle tentait d'échapper à la déportation. Son témoignage va bientôt être publié en anglais pour la première fois, 76 ans après sa mort.

Renia Spiegel venait d'avoir 18 ans quand elle a été abattue par les soldats allemands, un jour de 1942, alors qu'elle tentait d'échapper à la déportation. Cette semaine, des extraits du journal de la jeune Polonaise sont publiés pour la première fois en langue anglaise dans le célèbre Smithsonian Magazine, quelque 70 ans après sa mort.

Au total, ce sont 700 pages qui courent de janvier 1939 à juillet 1942 et racontent la vie d'une adolescente juive presque comme les autres, de son premier amour à ses camarades de classe, en passant par la douleur de la séparation avec ses parents, coincés à l'autre bout du pays. Qui racontent aussi la vie dans le ghetto, où, au côté de sa sœur et de 20.000 autres juifs, Renia vit derrière des barbelés et sous une surveillance permanente. 

"Où que je regarde, c'est un massacre. Des pogroms effroyables. De l'abattage, des meurtres (...) Mon dieu, laisse moi vivre, je t'en supplie, je veux vivre! J'ai expérimenté si peu de la vie", écrit-elle, un mois avant sa mort.

L'ouvrage s'achève sur des mots de son petit-ami, qui évoque la disparition de son premier amour ainsi que celle de ses parents. "Trois balles! Trois vies perdues! Tout ce que je peux entendre c'est des balles, des balles."

Une Anne Frank "plus âgée et plus sophistiquée"

Le journal de Renia Spiegel été rendu à sa mère et à sa sœur dans les années 1950. Mais les deux femmes n'ont jamais pu se résoudre à le lire et ont entreposé le manuscrit dans un coffre. C'est finalement la fille de sa sœur qui a décidé de le publier en Pologne, en 2016, puis de le faire traduire. Le livre devrait être publié chez St Martin's Press au cours de 2019 et une adaptation au cinéma est également prévue.

Evidemment, le journal de la jeune fille est souvent comparé à l'illustre témoignage d'Anne Frank. Mais "Renia était un peu plus âgée et plus sophistiquée", note le Smithsonian, "elle écrit en vers autant qu'en prose. Elle vivait également à l'extérieur et non recluse comme Anne Frank. Lire des témoignages de première main si différents nous rappellent que chacune des millions de victimes de l'holocauste a eu une expérience unique."

Claire Rodineau