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Jade Lagardère: "Ma BD, c'est un message d’espoir"

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- - Glénat 2017 Jade Lagardère Butch Guice

ENTRETIEN - La mannequin a sorti fin mai sa première BD, Amber Blake. Elle a raconté à BFMTV.com les coulisses de cette nouvelle aventure.

Jade Lagardère à l’assaut du 9ème Art! La mannequin a écrit sa première bande dessinée, Amber Blake (Glénat), le premier tome d’un thriller qui évoque à la fois l’univers du film Kingsman et celui de la BD culte XIII. Bénéficiant d’une large couverture médiatique, Amber Blake s’est classé en treizième position dans le "Top 15 BD" du 22 au 28 mai réalisé par GFK/Livres Hebdo.

Dessiné par l’américain Butch Guice, l’album raconte l’histoire d’une orpheline engagée par une organisation secrète pour lutter contre la pédophilie et la prostitution. BFMTV.com a rencontré Jade Lagardère. Elle a accepté de dévoiler les coulisses de cette première incursion en bande dessinée, en attendant la suite, dont la sortie est prévue en janvier 2018.

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- © Glénat 2017 Jade Lagardère Butch Guice

Quels sont vos premiers souvenirs de BD?

C’est sûrement Tintin, ou Spirou... Cédric et Titeuf sont arrivés plus tard. Ce que j’adorais, c’était vraiment Julie, Claire, Cécile, mais je suis sûre que vous ne connaissez pas...

C’est vrai, je ne connais pas.

Il y a eu vingt-cinq tomes. C'était l’histoire de trois jeunes filles. Plus jeune, j’adorais ça. C’était vraiment mon style de BD. Plus tard, j’ai adoré Largo Winch, Lady S., XIII... J’adore ce que fait Van Hamme [scénariste de ces séries, mais aussi de Thorgal, NDLR]. En grandissant, j’ai lu moins de BD, faute de temps sans doute. J’écrivais beaucoup plus que ce que je ne lisais.

C’était des romans, des scénarios de BD?

Des scénarios de roman que j’ai adaptés en scénario de BD. L’écriture d’une BD est complètement différente de celle d’un roman. Quand je suis venue présenter fin 2013 mon projet aux éditions Glénat, je n’avais pas le scénario avec moi. Je leur ai raconté ce que j’avais en tête. J’avais déjà écrit les vingt premières pages. Ils ont tout de suite accroché. C’est mon éditeur, Philippe Haury, qui m’a montré comment on écrivait un scénario de BD. J’ai vraiment appris sur le tas. Il m’a expliqué que le rythme devait aller vite, qu’il devait se passer quelque chose à presque chaque page. Mon premier scénario était concentré sur l’enfance d’Amber - ce qui me tenait beaucoup à cœur pour que l’on comprenne mon personnage. Maintenant, son enfance est racontée en quelques pages.

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- © Glénat 2017 Jade Lagardère Butch Guice

Qu’est-ce qui était le plus dur dans l’écriture? Les scènes d’action? Les dialogues?

Les dialogues, je dirais. J’avais tendance à mettre trop de bulles. Il y avait plus de textes que d’images, ça n’était plus de la BD (rires). Pour les scènes d’action, c’était plus simple. J’avais tout dans la tête.
"Je voulais qu’Amber ressemble à Angelina Jolie"

Pourquoi avoir choisi de faire une BD et non un roman?

Parce que je voulais simplement mettre des visages à mes personnages. Quand j’ai écrit l’histoire d’Amber, je voyais tout comme dans un film. J’avais toutes les images en tête. Je savais exactement à quoi elle ressemblait. Le plus compliqué a été d’écrire ce que je ressentais. Parfois, c’est comme les sentiments: c’est inexplicable. Mais j’y suis bien arrivée. J’avais même l’impression que Butch était dans ma tête. Il a dessiné exactement ce que je voulais. Si vous regardez bien, le personnage de Matt a un petit air d’Enrique Iglesias (rires).

Pourquoi est-ce que Amber Blake vous ressemble physiquement?

Elle ne me ressemble pas, mais c’est vrai qu’elle a des airs à moi. Je voulais en fait qu’elle ressemble à Angelina Jolie, qui est une femme que je trouve magnifique.

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- © Glénat 2017 Jade Lagardère Butch Guice

Dans Amber Blake, vous abordez la violence faite aux femmes, la pédophilie…

Ce sont des sujets qui me révoltent depuis toujours et j’avais envie d’en parler à travers le divertissement. Cette BD, c'est aussi un message d’espoir pour montrer que malgré une enfance difficile, on peut et il faut s’en sortir. 

Dans les premières scènes, Amber est agressée par d’autres filles de l’orphelinat. Est-ce quelque chose que vous avez vécu?

Pas à ce point-là. Mais c’est vrai qu’une fille m’est tombée dessus quand je devais avoir quatorze ans. Elle est arrivée de nulle part dans la cour. Elle m’a tirée par le sac à dos, elle m’a basculée vers le sol. Elle m’a rouée de coup. Elle m’a frappée sur les jambes. Quand je me suis relevée, elle m’a tirée les cheveux, alors qu’elle était plus petite que moi. Je lui ai donné un coup de pied. Elle a reculé, elle s’est tenue le ventre, puis elle m’a craché au visage. Ce qui m’a le plus marquée, ce n’était pas les coups, mais le crachat. C’est tellement humiliant.

Une dernière question: d’où vient le nom "Amber Blake"?

Mon deuxième prénom, c’est Ambre. Et puis Blake, parce que je voulais un nom de famille court. Je suis partie du mot "black" parce que l’histoire est sombre et noire. Et j’aime aussi l'actrice Blake Lively. J’aurais bien aimé laisser juste Amber, mais il lui fallait un nom de famille.

Amber Blake, tome 1: La Fille de Merton Castle, Jade Lagardère (scénario) et Butch Guice (dessin), Glénat, 48 pages, 13,90 euros.

Jérôme Lachasse