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"On a perdu notre dieu": le monde de la gastronomie pleure Paul Bocuse

Paul Bocuse entouré de nombreux cuisiniers, le 9 novembre 2012 dans son auberge de Collonges-au-Mont-d'Or (Rhône)

Paul Bocuse entouré de nombreux cuisiniers, le 9 novembre 2012 dans son auberge de Collonges-au-Mont-d'Or (Rhône) - JEFF PACHOUD / AFP

De nombreux chefs cuisiniers saluent la mémoire du "pape de la gastronomie française", mort ce samedi à 91 ans.

C'est une disparition qui va laisser un grand vide dans le milieu de la gastronomie. Les chefs cuisiniers se succèdent pour rendre hommage à Paul Bocuse, mort ce samedi dans son auberge de Collonges-au-Mont-d'Or à côté de Lyon (Rhône).

"On a perdu notre Dieu"

Christophe Marguin, président des Toques Blanches Lyonnaises, s'est exprimé avec beaucoup d'émotion au micro de BFMTV:

"On a perdu notre Dieu", s'est-il attristé. "Il n’y en a qu’un et c’était monsieur Paul, il n’y aura jamais de remplaçant. C’était le plus grand, celui qui a fait ce que l’on est aujourd’hui, depuis trois générations. Il a mis le métier de cuisinier en valeur".
"Il nous a mis dans le droit chemin depuis longtemps. On est tous respectueux, on lui doit tout", a-t-il poursuivi.

"C'est un visionnaire"

Le grand chef cuisinier savoyard Marc Veyrat a aussi réagi à la disparition de Paul Bocuse sur notre antenne.

"C'est un ami, c'est un monument, toute une légende. C'est quelqu'un qui a fait sortir les cuisiniers des cuisines", a-t-il expliqué.

"C’est quelqu’un d'exceptionnel, un guide, un visionnaire, il a tout changé. Il a une expression sur l’ouverture du monde assez incroyable”, a-t-il ajouté, avant de partager une anecdote qui le relie au chef triplement étoilé.

"Merci monsieur Paul"

Cyril Lignac a de son côté posté une photo de "monsieur Paul" en noir et blanc sur son compte Instagram, en toute sobriété. L'image est accompagnée d'un court texte d'hommage, dans lequel le chef remercie une dernière fois Paul Bocuse.

"Merci monsieur Paul pour tout ces bons moments passés ensemble, pour tes conseils, nos rigolades, ta bienveillance et les lettres de noblesse que tu as donné à notre métier... merci..", peut-on lire.

"Pour moi c'était un peu un papa"

Régis Marcon, président du concours du Bocuse d'Or France, lui-même lauréat du prix en 1995, a salué la mémoire de celui qu'il considère comme un "monument de la cuisine".

"Pour moi c'était un peu un papa, parce que j'ai perdu mon papa très jeune et c'était quelqu'un qui représentait beaucoup pour moi", a-t-il déclaré à l'AFP. "Il m'a donné la chance non seulement de participer, mais de gagner le Bocuse d'Or, et pour moi cela représente beaucoup".
"Il exprimait la générosité, et ce qui est important en France, ce côté convivial, de se rencontrer autour d'une table", a conclu Régis Marcon, qui a baptisé son dernier fils Paul en l'honneur du chef lyonnais.

"Un référent"

Pour le chef et animateur Philippe Etchebest, "Paul Bocuse fait partie des bases et en cuisine, il n'y a pas de créativité sans fondamentaux". 

Il "était cette base-là, ce socle qu'on avait pour nous exprimer. Il s'est construit tellement de choses autour de ce socle", a-t-il déclaré. "C'était un peu notre père à tous, notre référent".

Le patron du guide Gault & Millau, Côme de Chérisey, salue de son côté "le grand homme, mais surtout celui avec qui Henri Gault et Christian Millau ont lancé la Nouvelle cuisine".

"Il a été à l'origine de ce big bang dans la gastronomie française et mondiale", a-t-il estimé.

Céline Penicaud avec AFP