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Une attaque de loup dans l’Essonne?

Le loup est-il dans l'Essonne? (illustration)

Le loup est-il dans l'Essonne? (illustration) - Philippe Huguen - AFP

La découverte de la carcasse déchiquetée d'un poulain dans le sud de l'Essonne interroge. D'après son éleveur et une association il s'agirait d'une attaque de loup et d'un indice supplémentaire mettant en évidence la présence de l'animal dans la région, aux portes de Paris.

Le poulain a été dévoré. Le 21 février dernier, un éleveur du sud de l'Essonne a fait la découverte de la carcasse de l'un de ses animaux, né la veille. Dans une photo publiée par Le Parisien, il ne reste à l'animal que la tête et les pâtes, le reste du corps est entièrement ouvert et déchiqueté.

Une découverte qui a interpellé son propriétaire d'autant que le poulain était cette nuit là accompagné de "six ou sept autres chevaux pour le protéger". A proximité, l'éleveur trouve aussi une trace de patte et de griffe. Un élément qui laisse penser selon lui à une attaque de loup et qui le décidé à contacter plusieurs organismes et associations.

"Je suis catégorique, il s'agit d'un loup. Aucun autre animal n'est capable de manger un poulain à ce point et d'effrayer les chevaux et une jument qui vient de mettre bas", assure Jean-Luc Valérie, de l'Observatoire du loup. 

Depuis plusieurs mois, cette association qui cartographie l'avancée du loup en France affirme que le canidé est de retour en région parisienne. La découverte de la carcasse du poulain ne serait qu'une preuve de supplémentaire après plusieurs indices comme la découverte d'une carcasse de chevreuil décapitée. D'après l'association Alliance avec les loups, il y aurait au moins trois prédateurs en Ile-de-France

Les empreintes d'un "grand canidé"

Interrogée par Le Parisien sur le cas du poulain, photos à l'appui, l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) estime que l'empreinte relevée "est celle d'un grand canidé, un loup comme un chien". "Il nous faudrait l'échelle précise de la taille pour être plus précis", nuance toutefois Eric Hansen, délégué régional de l'ONCFS. Un autre scénario que celui du loup est par ailleurs envisagé par la Fédération interdépartementale des chasseurs d'Ile-de-France (Ficif), pour qui le poulain est peut-être mort-né et a ensuite été mangé par plusieurs animaux et par des rapaces.

Jusque là, l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a toujours rejeté la présence du loup et attend des preuves. En janvier dernier, l'ONCFS remettait en question le sérieux de l'Alliance avec les loups.

"Cette association est composée de pseudos spécialistes qui assurent certaines choses et disent que, nous, nous ne savons pas. Nous, on reste factuel. On a des éléments précis qui nous permettent de dire qu'à ce jour, dans ce que nous avons pu constater, il n'y a pas de traces de loup", expliquait alors Jean-Luc Valérie sur RMC.fr

Pour l'Observatoire du loup, il ne s'agit que d'une question de temps avant que la présence du loup soit prouvée: "Il y aura d'autres faits. D'autres prédations d'animaux domestiques".

C. B