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Landes: 16 kg de plastiques retrouvés dans le ventre d'une baleine à bec

Une baleine observée au large du Pérou, en 2016 (PHOTO D'ILLUSTRATION)

Une baleine observée au large du Pérou, en 2016 (PHOTO D'ILLUSTRATION) - Cris Bouroncle - AFP

Touché par une maladie parasitaire, le cétacé s'est affaibli pendant plusieurs jours au point de l'empécher de chasser. S'il n'explique pas à lui seul la mort du cétacé, le pastique ingéré a probablement accélérer cette dernière.

Un magma de paquets de chips et de pâtes, des sacs et des cabas: l'autopsie d'une baleine à bec échouée samedi sur le littoral landais a permis de découvrir 16 kg de déchets plastiques dans le ventre du cétacé, a indiqué ce lundi l'observatoire Pelagis chargé du suivi national des mammifères marins.

Ce spécimen de cétacé à dents de 5,15 m, en réalité plus proche d'un gros dauphin, a été retrouvé samedi sur la plage de Messanges, en état de putréfaction, par des passants puis disséqué par deux membres du réseau national échouages de l'observatoire Pelagis, dont le siège est à La Rochelle.

Pour Willy Dabin, en charge de l'animation du réseau national échouages, la présence de ces déchets s'explique par l'état de santé de la baleine femelle, atteinte d'une maladie parasitaire, qui l'a affaiblie et empêchée de continuer à s'alimenter correctement.

Le plastique "a probablement accéléré la mort du cétacé"

Alors que d'ordinaire, la baleine à bec est un "chasseur actif" qui plonge à 1000 m de profondeur pour se nourrir, notamment de calamars, cette femelle "a du rester en surface et a avalé ce qui lui est passé sous le nez", ajoute-t-il.

"Finalement avec cette maladie, elle est passée du statut de chasseur actif à celui de tortue qui dérive et avale des plastiques en les prenant pour des méduses", illustre-t-il.

Selon l'observatoire, "cet amas de plastique a probablement accéléré la mort du cétacé", estimée à au moins une dizaine de jours.

"Ces déchets tapissent les parois de l'estomac et de l'intestin, pouvant causer des occlusions et empêcher les nutriments de passer dans le sang."

Un fait "rare" mais inquiétant

Pour Willy Dabin, l'absorption de morceaux plastiques "montre la disponibilité importante de la matière dans les océans", mais elle reste un fait "rare" chez les mammifères marins. Soit 2 à 3% des 2000 spécimens de phoques, baleines et dauphins échoués chaque année sur les cotes métropolitaines et ultra-marines.

Pour l'observatoire, la "problématique" se situe plutôt sur le phénomène de "bio-accumulation" qui touche aussi les mammifères marins, lorsqu'ils mangent des poissons ayant eux-mêmes ingéré du plastique.

Jé. M. avec AFP