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Corse: 4 mois de prison ferme pour l'homme qui avait jeté un veau vivant depuis un pont

Un veau (illustration).

Un veau (illustration). - THIERRY ZOCCOLAN / AFP

L'homme avait été arrêté fin juin, à la suite de la diffusion d'une vidéo le montrant en train de jeter un veau vivant depuis un pont.

Un jeune homme jugé pour acte de cruauté sur un animal, après avoir jeté un veau vivant par-dessus un pont, a été condamné lundi à 10 mois de prison dont quatre mois ferme par le tribunal correctionnel de Bastia. Les faits, qui se sont déroulés en avril 2019, ont été diffusés en vidéo il y a seulement quelques semaines sur les réseaux sociaux. La scène avait notamment scandalisé des associations de défense de la cause animale, dont neuf s'étaient constituées partie civile.

Maintenu en détention, le jeune homme, qui élevait 15 vaches et 8 veaux à Lozzi (Haute-Corse) avant son procès, s'est également vu interdire de détenir un animal pendant trois ans et a une obligation de soin pendant deux ans.

Cette peine est inférieure aux réquisitions de la procureure, Caroline Tharot, qui avait demandé 16 mois de prison dont 10 ferme avec maintien en détention, ainsi que la confiscation de ses bêtes et l'interdiction d'en détenir pendant 10 ans. Dans son réquisitoire, la magistrate avait évoqué un "acte de cruauté, commis sans nécessité avec une méchanceté réfléchie".

Une première audience reportée

Au lendemain de la publication de la vidéo montrant les faits pour lesquels il a été jugé, le jeune homme originaire du Niolu avait été placé en garde à vue. Une première audience de comparution immédiate s'est tenue le 2 juillet, mais le prévenu, par la voix de son avocat, avait sollicité un délai afin de préparer sa défense.

A l'audience, qui s'est tenue lundi, le jeune homme a refusé de livrer l'identité de la personne qui a filmé la scène diffusée ensuite sur les réseaux sociaux. Pour expliquer son geste, il a assuré avoir percuté l'animal en divagation, une explication rejetée par une avocate des parties civiles, Maître Anna Maria Sollacaro, qui a mis en avant le fait que son véhicule n'avait subi "aucun dégât".

Les associations de défense de la cause animale satisfaites

Cette dernière, représentant la Fondation assistance aux animaux, et Maître Valérie Vincenti, représentant la SPA France, toutes deux parties civiles, se sont dites "satisfaites" du jugement.

"Cette réponse pénale montre qu'il y a une prise en compte de la gravité des faits. Cette décision, rendue par le tribunal correctionnel, est également rassurante pour l'avenir, pour l'ensemble des autres affaires d'actes de cruauté", a ajouté Maître Sollacaro.

"La place de mon client n'est pas en prison"

L'avocat du prévenu Maître Marc-Antoine Luca, qui a mis en avant lors de l'audience une rupture amoureuse difficile pour expliquer les actes de son client, a de son côté estimé que "les arguments développés par la défense (avaient) partiellement été entendus".

"Les réquisitions étaient trop hautes. La place de mon client n'est pas en prison, il doit sa détention à la pression médiatique et l'émoi sur les réseaux sociaux", a-t-il déclaré à l'AFP à l'issue de l'audience.
Par MH avec AFP