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Violences en Martinique: une équipe de journalistes de BFMTV visée par des tirs à balles réelles

Une équipe de tournage de BFMTV, ainsi qu'un photographe de l'AFP et un photojournaliste de l'agence Abaca Press, ont essuyé des tirs à balles réelles près du centre-ville de Fort-de-France. Ils tournaient une séquence et photographiaient dans une rue, à proximité d'un barrage.

Les rues de Fort-de-France étaient vides cette nuit de jeudi à vendredi, corollaire du couvre-feu instauré dès ce jeudi 19 heures. Malgré ce calme apparent que l'équipe de BFMTV présente sur place a pu observer, les violences se sont poursuivies et ont notamment été dirigées contre ces mêmes journalistes.

L'équipe de tournage de BFMTV, dépêchée sur place pour couvrir les événements qui secouent la Martinique depuis lundi, ainsi qu'un photographe de l'AFP et un photojournaliste de l'agence Abaca Press profitent en effet de cette accalmie pour filmer l'un des barrages en feu qui continuent de joncher les axes routiers de Fort-de-France.

Soudain, deux hommes à moto remarquent la présence des journalistes et arrêtent le deux-roues. Ils se trouvent alors à une vingtaine de mètres de la caméra de la BFMTV, qui a pu continuer à capter l'instant suivant: les deux hommes dégainent une arme à feu et prennent pour cible les journalistes. Trois coups de feu sont tirés en direction de notre équipe de tournage et des photojournalistes avec lesquels elle se trouve. Tous se précipitent dans leur voiture pour quitter immédiatement les lieux.

Aucun tir n'a touché les membres de l'équipe de tournage et les photojournalistes, ou atteint le véhicule. Cette scène a eu lieu à seulement quelques dizaines de mètres du centre-ville de Fort-de-France, première ville de Martinique. La direction de BFMTV dénonce ces actes.

Un jeu du chat et de la souris avec la police

Cette nuit, des protestataires ont bravé le couvre-feu et ont également poursuivi leurs actions contre les forces de l'ordre. Malgré une forte présence policière quadrillant la ville de Fort-de-France, des manifestants, parfois armés, se sont livrés à un jeu du chat et de la souris avec les forces de l'ordre, ces derniers confirmant ces activités nocturnes par les protestataires à notre équipe présente sur place.

Alors que la nuit de mercredi à jeudi s'était déjà montrée particulièrement agitée, deux policiers ont été blessés, dont un au bras, la nuit dernière par des tirs provenant d'un barrage érigé à Fort-de-France.

Hugo Roux