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Violences conjugales: en Seine-Saint-Denis, des messages de prévention sur l'emballage des baguettes

Séduit par cette initiative née en Seine-Saint-Denis, le collectif féministe #NousToutes a mis sur pied une cagnotte pour diffuser ces emballages à l'échelle nationale.

L'initiative est née à Noisy-le-Sec, au mois de novembre. C'est dans cette municipalité de Seine-Saint-Denis que Sandrine Louet, adjointe en charge des questions d'égalité femmes-hommes, a eu une idée originale: sensibiliser aux violences conjugales par l'intermédiaire des sacs à pain qui accompagnent les baguettes vendues en boulangerie. Avec au recto un "violentomètre", baromètre de la violence verbale et physique qui peut exister au sein d'un couple, et au verso des numéros d'aide, dont le 39 19.

"L'idée, c'est que les femmes ne soient plus seules face à ces violences, de pouvoir les atteindre, les accompagner et plus largement de pouvoir sensibiliser la population", a souligné Laura Jovignot, coordinatrice nationale de #NousToutes sur BFM Paris ce jeudi.

Le collectif féministe souhaiterait diffuser ces emballages à l'échelle nationale. Une cagnotte a été lancée en ce sens le 16 février pour financer les sacs à pain. "On espère récolter 14.000 euros à travers la cagnotte pour pouvoir imprimer 300.000 emballages de baguettes de pain, poursuit Laura Jovignot. Sachant que dans un foyer il y a plusieurs personnes, on peut potentiellement toucher 850.000 personnes." À ce jour, plus de 11.000 euros ont déjà été récoltés.

La boulangerie, "un endroit stratégique"

"Le pain, c'est un objet du quotidien, fait remarquer l'intéressée. Les boulangeries, c'est vraiment un endroit stratégique. S'il y a bien un endroit où on continue d'aller malgré le couvre-feu, malgré le confinement, c'est bien la boulangerie."

Et jusqu'ici, l'opération a été couronnée de succès. "J'ai contacté l'adjointe en charge de l'égalité femmes-hommes de la mairie qui avait eu cette idée et elle m'a dit que les boulangeries étaient vraiment partantes pour lancer l'opération", se réjouit Laura Jovignot.

L'intéressée, qui constate que "le gouvernement ne met pas l'argent sur la table pour pouvoir lutter efficacement", espère désormais "que les mairies vont se saisir activement de ce sujet". Certaines municipalités, assure-t-elle, sont déjà entrées en contact avec le collectif #NousToutes. Dans le même temps, 1000 personnes se sont déjà portées volontaires pour distribuer les emballages dans toute la France.

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions