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Viol: seule une victime sur huit porte plainte

Photo d'illustration sur le viol

Photo d'illustration sur le viol - Mills Baker - Flickr CC

Chaque année, 84.000 femmes majeures sont victimes de viol ou de tentative de viol en France. Mais celles qui portent plainte sont encore trop peu nombreuses et moins d'un agresseur sur cent est condamné. Pour aider les victimes à briser le silence, des associations tentent de les soutenir.

C'est un sujet tabou dont on ne parle que rarement. Pourtant, le viol est un phénomène de société dont l'ampleur est sous-estimé. Dans l'Hexagone, environ 16% des femmes déclarent avoir subi des viols ou des tentatives de viols au cours de leur vie d'après le HCE (Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes). Dans un rapport à paraître ce mercredi, l'instance doit pointe du doigt la "tolérance sociale" qui règne à l'égard de ces agressions.

Dans sa définition juridique, le viol englobe: "tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise".

Si l'acte en lui-même est déterminé par le "Code Pénal", rien ne retranscrit la souffrance endurée par les victimes. Entre douleur, peur, honte et parfois même sentiment de culpabilité, beaucoup des 84.000 femmes majeures qui subissent ces violences sexuelles chaque année, garderont le silence sur l'agression.

Accompagner pour briser le silence

A peine 10.000 d'entre elles porteront plainte. Pour les encourager à aller jusqu'au bout de leur démarche, des réseaux d'accompagnement se sont mis en place. Danielle Bousquet, la présidente du HCE indique au Parisien que lorsqu'elles sont mieux suivies, les victimes portent jusqu'à trois fois plus plainte que celles qui sont seules.

Parmi les structures de soutien, il y a notamment le CFCV (Collectif Féministe contre le Viol). Gabriela Bravo travaille dans la permanence de l'association où elle reçoit une quinzaine d'appels par jour. Elle écoute ces femmes qui demandent de l’aide et tente de les guider car chacune d’elle se sent impuissante et ne sait pas quoi faire face à son agresseur.

"Lui il l'a isolée, dont nous on va essayer de repeupler ce qu'il y a autour d'elle. On va lui conseiller dans son département des bureaux d'aide aux victimes des structures toujours gratuites", explique-t-elle.

Malgré ces conseils, une victime sur deux abandonne les démarches qui pour elles s’apparentent à un parcours du combattant. Des procédures longues, souvent tortueuses. Et à chaque étape le sentiment d'être jugées. Elles perdent confiance en elles.

"Parmi toutes les femmes violées, à peine 10% vont porter plainte. Et pour ces 10% de plaintes, seule une sur dix débouchera sur un procès aux assises aura lieu. Au final, moins d'un pour cent des violeurs sont condamnés", indique Emmanuelle Piet, la présidente du Collectif féministe contre le viol .

Le CFCV fêtera ses 30 ans le 13 octobre prochain. Il a déjà épaulé plus de 51.000 victimes. Une journée porte ouverte aura lieu à l’Université parisienne Pierre et Marie Curie pour toutes celles qui souhaitent témoigner ou se faire aider.

Il est également possible de joindre SOS Viols Femmes Informations au 0.800.05.95.95 du lundi au vendredi de 10 à 19 heures.

Marie-Caroline Meijer avec Virginie Sainsily et Elsa Jirou