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Villejuif: une ancienne patiente de l'hôpital Paul-Guiraud porte plainte pour "traitements inhumains"

Une ancienne patiente anorexique porte plainte contre un établissement psychiatrique de Villejuif pour "traitements inhumains". (Photo d'illustration)

Une ancienne patiente anorexique porte plainte contre un établissement psychiatrique de Villejuif pour "traitements inhumains". (Photo d'illustration) - AFP

Ancienne anorexique, Sabrina, 36 ans, a été internée un an dans cet établissement psychiatrique. Placée à l'isolement et attachée avec des sangles, elle dénonce aujourd'hui ses conditions d'hospitalisation.

Un internement psychiatrique "comme dans les années 1950". En 2006, Sabrina a 25 ans. A la suite d'un régime, elle tombe peu à peu dans l'anorexie, et pèse 30 kilos. Son père décide alors de l'interner à l'hôpital Paul-Guiraud de Villejuif, sans son accord, rapporte Le Parisien

Aujourd'hui, la jeune femme vient de déposer un recours contre cet établissement psychiatrique pour "traitements inhumains et dégradants" devant le tribunal administratif de Melun. Au début de son traitement, Sabrina refuse de guérir et de s'alimenter: le médecin décide alors de la placer en isolement. 

Placée dans une petite chambre aux murs blancs, avec un pot et un lit, elle n'a pas conscience des heures ni du temps qui s'écoule. Alimentée par une sonde gastrique, Sabrina se souvient "des craquelures du plafond et des oiseaux à travers les barreaux. J'étais devenue un animal qu'on gave", confie-t-elle au Parisien. Les sorties à l'extérieur sont rares. La jeune femme reste également marquée par la présence de cinq infirmiers, qui l'attachaient au lit avec des sangles: "J'avais encore arraché ma sonde. Je me suis sentie tellement humiliée".

La Haute Autorité de santé tente d'encadrer ces pratiques

Dans un rapport publié le 20 mars, la Haute Autorité de santé dénonce un nombre trop important de "mesures d'isolement et de contention. (...) Il faut en réduire le nombre". La HAS rappelle que l’isolement et la contention ne doivent être mis en œuvre que dans des situations précises, pour des patients hospitalisés en soins sans consentement en psychiatrie". Objectif de ce rapport: proposer des règles claires pour mieux encadrer les professionnels et patients en psychiatrie, et mettre fin aux abus. 

En outre, l'agence précise que l'objectif de la contention, qui doit être mise en place seulement dans le cadre de l'isolement, "ne peut en aucun cas être de punir, humilier ou établir une domination sur des patients ou de résoudre un problème organisationnel comme un manque de personnels". En effet, beaucoup d'infirmiers reconnaissent avoir la "main lourde" quant à ces pratiques, à cause de manque d'effectifs et de formation, comme l'indique Le Parisien. 

En France, 400.000 personnes sont hospitalisées chaque année dans des établissements et services psychiatriques. 

Alexandra Milhat