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VIDEO - Sivens: le jeune mort "a été tabassé", racontent les opposants

Rassemblement dimanche à Gaillac contre le barrage de Sivens et en hommage à la mémoire de Rémi, décédé sur le site

Rassemblement dimanche à Gaillac contre le barrage de Sivens et en hommage à la mémoire de Rémi, décédé sur le site - Pascal Pavani - AFP

Rémi, 21 ans, est mort dans la nuit de samedi à dimanche sur le site du barrage contesté de Sivens, dans le Tarn, où des échauffourées ont éclaté entre opposants et forces de l'ordre. Certains oppoants dénoncent une bavure policière. Témoignages.

Comment est mort Rémi? Ce jeune homme qui participait samedi à la manifestation contre la construction du barrage de Sivens. Si pour le moment les circonstances de sa mort sont inexpliquées, les opposants, eux, dénoncent, la responsabilité de la police. BFMTV a pu accéder à leur camp et recueillir le témoignage de l'un d'entre eux. Il se fait appeler Camille et donne sa version des faits.

"Il s'est effondré, ensuite, il a été tabassé à terre par les gendarmes"

Rémi "était très proche des gendarmes quand il a été tué. Des témoins l'ont vu recevoir des grenades. Il s'est effondré. Ensuite, il a été tabassé à terre par les gendarmes. Puis ils l'ont traîné", raconte cet opposant de la première heure.

Selon lui, Rémi n'était pas venu pour en découdre avec les forces de l'ordre, ni lui ni personne d'autre.

"Pas le profil d'un casseur"

"Ce n'était pas un militant. C'était probablement son premier rassemblement politique, ce n'était pas un habitué", assure également Camille. Version qui corrobore celle de José Bosé, également opposant au projet: "Selon les premières informations que j'ai, il s'agit d'un jeune originaire de Toulouse, qui a fait des études d'environnement. A priori, il n'a pas le profil d'un casseur ou quoi que ce soit de ce genre", avait-il réagi dimanche sur BFMTV.

"La terreur, elle vient de l'Etat"

Camille dit se sentir "criminalisé". "On nous fait passer pour des terroristes. Mais la terreur, elle vient de l'Etat. Il n'y a pas de doute là-dessus". Il dénonce même une escalade de la répression: "On a déjà eu plusieurs amis qui ont été gravement blessés". Les militants, ici, sont pacifistes, assure-t-il, mais la mort de Rémi et les violences répétées de la police, ne vont pas calmer le mouvement.

Une version des faits démentie par les gendarmes

Selon le procureur d'Albi, Claude Dérens, les gendarmes, retranchés dans l'aire de stockage des engins de chantier, ont été "attaqués" par une centaine de manifestants violents qui voulaient "en découdre" et jetaient notamment des cocktails Molotov par dessus les grillages.

Les forces de l'ordre ont alors repéré le corps d'un jeune homme au sol et ont effectué "une sortie" pour aller le chercher et lui porter secours. Les causes exactes de la mort de Rémi, 21 ans, sont encore indéterminées, a expliqué à la presse le procureur qui attend les premiers résultats de l'autopsie prévue lundi à la mi-journée.

Depuis le début des travaux de déboisement le 1er septembre, les heurts et les rassemblements se sont multipliés aux alentours du chantier. Le projet de retenue d'eau est soutenu par le conseil général du Tarn, qui le juge indispensable pour irriguer les terres agricoles. Mais les opposants dénoncent un projet coûteux destiné, selon eux, à un petit nombre d'exploitants pratiquant une agriculture intensive.

M.G. avec Ani Basar et François Pitrel