BFMTV

Vidéo de Clément Méric : les doutes des policiers

Clément Méric

Clément Méric - -

Une vidéo de la rixe dans laquelle Clément Méric a été tué semble montrer que le militant d'extrême gauche a provoqué le skinhead soupçonné de lui avoir porté un ou plusieurs coups mortels. Mais les images ne seraient pas aussi parlantes, selon un responsable de la police judiciaire.

Une vidéo de la RATP exploitée par les enquêteurs relance mardi la polémique sur les circonstances de la mort de Clément Méric, militant d'extrême gauche tué le 5 juin à Paris lors d'une rixe avec des jeunes d'extrême droite.
Selon RTL, on voit Clément Méric « se précipiter vers Esteban Morillo, le meurtrier présumé, alors de dos, semble-t-il pour lui asséner un coup. Le skinhead se retourne alors et le frappe avec son poing en plein visage ». La vidéo ne permet pas de dire de façon formelle si Esteban Morillo donne un deuxième coup, ni s'il a ou non un poing américain, ajoute la radio. Ces images expliqueraient pourquoi le juge d'instruction a mis en examen le principal suspect, Esteban Morillo, pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, alors que le parquet avait ouvert une information judiciaire pour homicide volontaire.

« Qu'est-ce que cela changerait ? »

Mais selon un responsable de la police judiciaire cité par Libération.fr, la caméra « ne montre que vingt centimètres au-dessus du sol, c'est-à-dire les jambes des personnes » et les enquêteurs n'ont donc pu voir que « des échanges de coups de pieds ». La PJ ne comprendrait donc pas comment on peut laisser entendre que Méric déclencherait l'agression : « Qu'est-ce que cela changerait si Méric assénait un coup dans le dos à Morillo au cours de la bagarre ? Les échanges de coups ne sont niés par personne, ni côté extrême gauche ni côté extrême droite ».

« Besoin d'identification, please »

Selon l'hebdomadaire Le Point, les enquêteurs disposent de captures d'écran de sites internet proches de la mouvance de Clément Méric, sur lesquels apparaissent dès le 2 décembre 2012 les photos d'Esteban Murillo et sa compagne Katia, au-dessus desquels figure la mention « Besoin d'identification please ». Les policiers se demandent donc si Clément Méric et ses amis du groupe « Antifaf », qualifié par l'extrême droite de « chasseur de skins », avaient identifié Esteban Murillo et ses amis et cherché à les provoquer.

Philippe Gril avec Reuters