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Vers une tarification progressive de l'eau et de l'énergie

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Jean-Marc Ayrault a confirmé mardi la prochaine mise en place d'une tarification progressive de l'eau, du gaz et de l'électricité. Cette mesure, qui prévoit des tarifs moins élevés sur les premiers kWh ou mètres cubes consommés, a un « double objectif social et écologique » a dit le 1er ministre.

C’est une promesse de campagne de François Hollande et le gouvernement y travaille. Le 1er ministre Jean-Marc Ayrault a confirmé mardi, lors de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale, la mise en place d’une tarification progressive de l’eau, du gaz et de l’électricité. « Le gaz, l'électricité, comme l'eau, sont des biens communs et ne peuvent être livrés à la seule loi du marché. Nous mettrons en place une tarification progressive avec un double objectif social et écologique et le gouvernement y travaille déjà pour que cette mesure prenne effet très rapidement », a expliqué le 1er ministre à la tribune de l’Assemblée.

« Une mesure juste socialement et écologiquement »

La tarification progressive de l'eau et de l'énergie consiste à facturer à bas prix les premiers volumes consommés (kWh, ou mètres cubes), puis à augmenter le prix au fur et à mesure que des paliers sont dépassés, pour garantir l'eau et l'énergie à tous et décourager les consommations excessives. En clair : plus vous réduisez votre consommation, plus vous bénéficiez de tarifs avantageux.
« C'est une mesure juste socialement et écologiquement, estime sur RMC la vice-présidente de l'association ATD Quart-Monde, Marie-Aleth Grard. Les litres d'eau que vous buvez, les litres d'eau pour prendre votre douche ou pour nettoyer votre maison seront à des prix abordables. Mais les litres d'eau pour remplir votre piscine, pour laver votre voiture seront plus chers. C'est aussi se dire que nous devons tous économiser l'eau, qui est un bien précieux sur cette terre ».

« Des coûts élevés pour les locataires de logements mal isolés »

Edouard Barreiro, directeur des études à l'UFC-Que Choisir, est plus réservé sur cette mesure : « Le principe sur le papier est très intéressant, le problème c'est la faisabilité. Même les familles pauvres ont parfois besoin de beaucoup d'énergie, or les aides sont beaucoup trop faibles par rapport à leurs besoins. Le deuxième point, c'est que vous avez aujourd'hui un grand nombre de ménages qui sont locataires et qui ne pourront donc pas maîtriser leur énergie. Surtout si leur logement est mal isolé. Là, ils seront obligés de subir les coûts très élevés des tranches supérieures des tarifs de l'énergie ».

La Rédaction avec Victor Joanin