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Vers une baisse des allocations familiales ?

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Le gouvernement doit rétablir l'équilibre de la branche famille de la Sécurité sociale d'ici 2016. Deux options sont envisagées : la baisse des allocations familiales et le durcissement du plafond du quotient familial.

Comment rétablir l'équilibre de la branche famille de la Sécurité sociale d'ici 2016 ? Le gouvernement planche sur la question pour tenter de dégager un milliard d'euros dès 2014. Jean-Marc Ayrault et François Hollande rendront leur arbitrage lundi 3 juin. Le couple exécutif hésite entre deux mesures: toucher aux allocations ou au quotient familial.
Le leitmotiv dicté depuis le début du mandat de François Hollande, a été répété hier par le président de la République : « Il y a un principe qui inspirera le gouvernement, c'est la justice ».

La baisse des allocs très contestée

Jusqu'ici, l'hypothèse privilégiée par le gouvernement semblait une baisse des allocations familiales pour les plus aisés. Ce vendredi matin, Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, a affirmé que « cela ne le dérangerait pas de les supprimer » en cette période de crise.
Cette option, désapprouvée par la majorité des membres du HCF (le Haut Conseil de la Famille), est extrêmement contestée par l'opposition, les syndicats et les associations familiales. Une opposition qui privilégie l'autre solution, le durcissement du plafond du quotient familial, dispositif qui permet aux familles d'alléger leur impôt.

« Un moindre mal »

Pour François Fondard, président de l'Unaf (Union nationale des associations familiales), les deux options seraient justes : « Pour nous, la baisse à 1500 euros du quotient familial serait un moindre mal, cela nous semble plus juste. C’est 20% des familles les plus aisées qui seraient touchées, pour les allocations familiales, cela se limiterait à 15%. Dans la mesure où il y aura un retour à l’équilibre de la branche famille, on pourra toujours remonter le plafond ». Gérard Bapt, député PS et rapporteur du budget de la sécurité sociale à l'Assemblée nationale, estime que cela ne sera pas suffisant : « Le problème, c’est que le déficit de la branche famille va être supérieur à ce qui était annoncé. C’est donc insuffisant de ramener de 2000 à 1500 euros le quotient familial ».

« Si l’impôt doit exister, qu’il existe de façon juste »

Du côté de l'opposition, on estime que le gouvernment souhaite pénaliser les familles. « Il [François Hollande, ndlr] est en train de pénaliser par tous les moyens les familles qui vont avoir moins de possibilités de consommation, juge Claude Greff, députée UMP d'Indre-et-Loire et ancienne secrétaire d'état à la Famille. Tout dépend du quotient familial pour les familles : la prestation d’accueil du jeune enfant, par exemple est basée sur le quotient familial. François Hollande nous a fait miroiter l’allocation rentrée scolaire qui allait être majorée, elle est aussi dépendante du quotient familial. Si l’impôt doit exister, qu’il existe de façon juste, pas en voulant absolument assommer toutes les familles ».

La Rédaction, avec Thomas Chupin