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Vers l’élargissement de la journée de solidarité?

La ministre déléguée aux personnes âgées entend élargir aux professions libérales, agriculteurs et  commerçants, la journée de solidarité.

La ministre déléguée aux personnes âgées entend élargir aux professions libérales, agriculteurs et commerçants, la journée de solidarité. - -

Certains travaillent pour la communauté en ce lundi de Pentecôte alors que d’autres travaillent, mais pour eux. Les artisans, les professions libérales, les agriculteurs... doivent-ils eux aussi participer à la journée de solidarité pour la dépendance ?

Si vous travaillez aujourd’hui, vous le faites certainement pour la communauté comme les 20% de salariés qui travaillent aujourd'hui. Depuis 10 ans, le lundi de Pentecôte est une journée de solidarité pour les salariés. Le principe : chaque salarié renonce à son lundi de Pentecôte ou une journée de RTT (parfois offerte par l'entreprise). Depuis le 1er avril, les retraités y contribuent également, à hauteur de 0,3% de leurs pensions. Dans son fonctionnement, chaque entreprise est libre d'en fixer la date depuis 2008. Elle a déjà permis de récolter 18,6 milliards d'euros, dont 2,4 milliards l'année dernière, qui servent à financer les maisons de retraite et les structures d'aide aux handicapés. Mais certaines professions ne sont pas affectées par cette journée de solidarité. Artisans, professions libérales ou encore agriculteurs, ils échappent pour l’instant à cette mesure. Et cela ne devrait pas bouger comme l'a indiqué ce lundi matin sur RMC, Michelle Delaunay, la ministre déléguée aux personnes âgées qui se prononce pourtant en faveur de cette mesure.

Michelle Delaunay pour une extension de la journée de solidarité

Si certaines professions ne sont pas soumises à cette journée de solidarité, Michel Delaunay, la ministre déléguée aux Personnes âgées, souhaite les faire contribuer également. Pour la ministre, c'est une question d'égalité vis-à-vis de la dépendance. Elle veut étendre le champ d'application de la contribution solidarité autonomie aux travailleurs indépendants même si pour l'instant, précise-t-elle, rien n'est décidé ou arbitré.

« La règle doit être celle de l’équité »

Valérie Rosso-Debord est spécialiste des questions de dépendance à l'UMP et pour elle, il n’y a pas d’alternatives à l’élargissement aux professions libérales, artisans et agriculteurs, de cette journée de solidarité. « La règle doit être celle de l’équité. Chacun doit cotiser pour que tous puissent en bénéficier. La moyenne des retraites en France est de 950 euros pour une femme, 1 150 euros pour un homme. Une maison de retraite en province, c’est aux alentours de 2 000 euros par mois. On ne peut pas rester dans ce flou qui pénalise les familles et qui crée de l’injustice ».

« Nous y contribuons déjà »

Michel Chassang est le président de la Confédération des Syndicats Médicaux Français et il ne comprend pas qu’on veuille étendre aux professions libérales cette journée de solidarité puisque « nous y contribuons déjà. Nous employons plus d’un million de personnes et nous versons 3% de la masse salariale pour financer cette dépendance, explique-t-il. Nous sommes déjà contributaires. Franchement, à l’heure où les professions libérales sont les seules qui maintiennent de l’emploi dans ce pays, ce n’est certainement pas le moment de nous assommer avec de nouvelles taxes ».

Tugdual de Dieuleveult avec M. Moulins