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Vendée: des habitants craignent une pollution des sols par une ancienne décharge

Une décharge en France (photo d'illustration)

Une décharge en France (photo d'illustration) - Thomas Coex - AFP

A Nesmy, un village de Vendée, l'ancienne décharge suscite de nombreuses inquiétudes. Des habitants l'accusent de polluer les sols et d'être responsable d'écoulements de liquides suspects en surface.

Les habitants de Nesmy, une petite commune de Vendée, sont inquiets. Ils accusent une ancienne décharge, fermée depuis une quinzaine d'années, d'avoir pollué les sols.

Une pollution des nappes phréatiques?

Selon eux, les écoulements et suintements dans les champs et étangs de liquides noirâtres, orangés et irisés seraient le résultat d'une pollution par ce sous-sol chargé d'ordures ménagères et industrielles, rapporte Ouest-France. Ils s'interrogent même quant à une éventuelle pollution des nappes phréatiques par des hydrocarbures.

L'ancienne décharge, d'une surface totale d'un hectare, avait ouvert au début des années 70 et a fonctionné pendant près de trente ans. Aujourd'hui, le site est végétalisé mais il est recensé dans le registre Basol, qui fait la liste des sites et sols pollués, et est classé dans le groupe 1 -soit le groupe le plus dangereux- par le Basias, qui répertorie également les sites industriels.

Une étude est en cours

Début 2016, la mairie, propriétaire du site, a commandé une étude pour réaliser un diagnostic hydrologique du site et des abords. Gérard Rivoisy, l'édile de Nesmy, se montre réservé tant qu'il n'a pas obtenu les résultats, attendus en 2017. Lui qui est élu depuis 1977 se souvient pourtant que la décharge a connu une longue période d'activité. "C'était ouvert, on apportait nos déchets, assure-t-il à BFMTV.com. C'était une décharge qui n'était pas contrôlée, comme beaucoup en Vendée."

Mais selon lui, tous les déchets industriels ont été retirés en 1981. "C'est sûr, j'y étais". S'il reste bien "des ordures ménagères, des sacs de ciment et de plâtre", pas de quoi polluer les sols. Pour Gérard Rivoisy, c'est l'argile -dont le sous-sol est chargé dans la région- qui serait responsable des liquides colorés suintant en surface. "Il y a beaucoup de champs comme ça" avec ce type d'écoulements. "Il ne faut pas crier avant d'avoir mal", ajoute-t-il, prudent.

"Comme une piscine qui déborde"

Mais pour les riverains, qui se sont regroupés en association, l'ancienne décharge est bien responsable. Alain Pineau, qui a fondé L'Association pour la transparence de l'eau et habite à proximité du site, estime que les analyses commandées par la mairie sont insuffisantes.

"Ils vont se contenter d'étudier la gestion des eaux pluviales aux abords du site sans analyser les jus, regrette-t-il pour BFMTV.com. La décharge était installée dans une ancienne carrière de glaise. En gros, c'est un trou de dix mètres de profondeur sur un hectare. Cela fait comme une piscine. Et quand il pleut, ça déborde et se diffuse dans le sous-sol fait sable et de glaise."

"Les bidons, pourris, crachent leurs jus"

Selon lui, le contrôle effectué en 1981 sur dénonciation d'un habitant n'est absolument pas synonyme d'absence de polluants industriels. "Mes deux voisins m'ont parlé de bidons, ils les ont vus dans les années 70 et au début des années 90. L'ancien propriétaire de la décharge était un ferrailleur qui brassait des huiles de vidange et avait des concessions pour l'enlèvement des ordures industrielles; il gérait même les déchets de la plus grosse boîte d'électroménager de la région. Le maire dit qu'ils ont été enlevés: je vous assure que ce n'est pas vrai." Et ajoute:

"Tous les bidons qui se trouvaient sous plusieurs mètres d'ordures n'ont pas été déterrés. Ils ont pourri et maintenant ils crachent leurs jus. Tout ce qui coule dans nos vallons, ce sont des hydrocarbures."

Céline Hussonnois-Alaya