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Val-de-Marne: un chirurgien et une anesthésiste au tribunal pour la mort d'une petite fille

Entrée de l'hôpital du Kremlin-Bicêtre.

Entrée de l'hôpital du Kremlin-Bicêtre. - STEPHANE DE SAKUTIN - AFP

la négligence du personnel médical de l'hôpital du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) a conduit à la mort de Camille, six ans, en 2009. Le procès du chirurgien et son anesthésiste a débuté ce vendredi. Le procureur a requis une peine de douze à dix-huit mois de prison avec sursis contre le premier et de huit à dix mois pour la seconde.

Le 29 septembre 2009, Camille, six ans, mourait d’une septicémie à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre, cinq jours après son admission pour une opération, bénigne, des voies urinaires. Seulement voilà, l’intervention n’aurait pas dû avoir lieu car la petite fille souffrait d’une infection, révélée par un examen effectué la veille de l’opération. C’est cette affaire que le tribunal correctionnel de Créteil (Val-de-Marne) a commencé à examiner ce vendredi.

"Je regrette profondément" 

Le jugement sera rendu le 9 décembre mais le procureur de la République a d’ores et déjà requis douze à dix-huit mois de prison avec sursis contre un chirurgien de l’hôpital du Kremlin-Bicêtre et huit à dix mois avec sursis à l’encontre d’une anesthésiste. Ils comparaissent tous deux pour homicide involontaire.

Le Parisien a raconté le procès et l’audition du chirurgien, un professionnel très reconnu dont la réputation dépasse les frontières hexagonales. Celui-ci est revenu sur la négligence qui l’a amené à ignorer l’infection de l’enfant:

"Je pense à ça tous les jours. J’aurais dû vérifier avant l’information. Je ne saurai jamais pourquoi je ne l’ai pas fait. Je regrette profondément".

Une erreur généralisée

C’est toute la chaîne médicale qui s’est, cependant, avérée défaillante. Car, après l’opération intempestive, l’état de Camille s’est rapidement et violemment dégradé sans que le personnel ne réagisse immédiatement. S’il a fini par le faire, il n’est passé à l’action que trop tard. Et encore le changement de traitement a été décidé par un médecin qui ne s’est jamais déplacé pour examiner Camille. De surcroît, la perfusion n’était pas bien disposée.

Laconique, un des avocats de la famille de la victime a mis quelques mots sur la triste fin de la petite fille de six: "Camille n’a pas eu de chance jusqu’au bout."

R.V.