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« Une panne comme ça tous les 500 ans ! »

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Après la panne de 12 heures d’un Eurostar ce week-end, c’est plus que la défaillance d’un homme qui est en cause.

La SNCF plaide coupable dans l'incroyable retard de l'Eurostar, dans la nuit de vendredi à samedi. Le président de la compagnie a remis hier un rapport au secrétaire d'Etat aux transports, Dominique Bussereau, sur cette affaire.

La SNCF l'explique par une série d'erreurs. Le premier couac, c'est celui du conducteur britannique qui se trompe de diagnostic sur la panne quand il est alerté par un voyant lumineux. Un peu plus tard, le train tombe en panne en rase-campagne, la SNCF n'arrive pas à trouver de locomotives de secours, à cette heure où, de surcroît, il n'y a aucun conducteur de réserve... Et quand, finalement, la rame de secours arrive, les agents sont incapables de l'accrocher à l'Eurostar. Les 640 passagers de l'Eurostar Londres-Paris ont mis 12 heures au lieu de deux heures et quart pour faire le trajet.

Gilles Dansart, rédacteur en chef du magazine spécialisé "Villes et Transport", n'est pas convaincu par les explications de la SNCF : « Il ne me semble pas normal qu'il y ait des enchaînements de ce type-là : la panne d'une rame, puis un problème de locomotive, puis un problème de remorquage. C'est très très rare, ce cas là se produira une fois tous les 500 ans. Ce qui semble plus anormal, c'est le relais d'information auprès des voyageurs et de ceux qui les attendent en gare. Il faut de la réactivité et que des gens prennent les bonnes décisions au bon moment. C'est bien une question de culture ».

Pour lui, c'est bien la SNCF qui porte la responsabilité : « Dans tout système on peut admettre qu'un conducteur, quelqu'un qui est en première ligne sur le terrain, puisse ne pas avoir le bon diagnostic. Mais ne pas avoir le bon diagnostic sur l'Eurostar défaillant ne justifie pas tout l'enchaînement derrière. C'est une chaîne qui est en cause et pas simplement un homme ou une femme qui aurait pris la mauvaise option. Il va falloir réviser les procédures internes de la SNCF ».

La rédaction et Yann Abback