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Une belle-mère et son beau-fils interdits de mariage en Moselle

Le couple a sollicité l'intervention de l'Elysée, qui s'est borné à le renvoyer vers le Code civil (photo d'illustration).

Le couple a sollicité l'intervention de l'Elysée, qui s'est borné à le renvoyer vers le Code civil (photo d'illustration). - -

Interdits de mariage, Élisabeth et Éric avaient sollicité François Hollande par courrier il y a deux mois. L'Elysée leur a répondu, expliquant que leur union était impossible en l'état actuel du Code civil.

Leur union est impossible, selon la loi. Élisabeth et Éric sont belle-mère et beau-fils et voulaient se marier dans deux mois: or, ce couple de Dabo, en Moselle, vient de recevoir de l'Elysée un rappel de la législation qui l'interdit formellement.

"J'ai reçu une lettre du président François Hollande, qui m'écrit que mon mariage est 'prohibé', et qu'aucune dérogation n'est possible parce que mon premier mari n'est pas mort. Je ne vais quand même pas attendre la mort de mon ex-mari pour me remarier!" a confié jeudi Élisabeth Lorentz.

Cette interdiction est motivée par le fait que cet ex-mari n'est autre que le père du futur époux. Élisabeth Lorentz, 47 ans, et Éric Holder, 44 ans, vivent ensemble depuis 5 ans, mais se connaissent depuis plus de 20 ans: elle a été l'épouse du père d'Éric entre 2003 et 2006.

L'Elysée s'appuie sur le code civil

Quand ils ont appris de la mairie qu'ils risquaient de se retrouver dans l'illégalité, les deux fiancés ont écrit une lettre au chef de l'Etat il y a deux mois.

Mais la réponse de l'Elysée, arrivée mercredi, se borne à rappeler une disposition du code civil, qui prévoit qu'"en ligne directe, le mariage est prohibé entre tous les descendants et ascendants et alliés dans la même ligne".

Une levée de cette interdiction est bien possible, selon le service d'état-civil de la mairie de Dabo, mais uniquement "sur dérogation du Président de la République" et "si l'ancien époux est décédé". Or, "ce n'est pas le cas", a constaté une responsable de la mairie.

Vers une saisine de la Cour européenne de droits de l'Homme

"On veut juste se marier comme tout le monde, mais à cause d'une loi à la noix, qui d'un autre côté autorise deux cousins à se marier, on ne peut pas. Et on parle de mariage pour tous ?", regrette Éric Holder. D'autant plus que "le père d’Éric, qui est aussi mon ex-mari, accepte parfaitement notre histoire", raconte Élisabeth Lorentz au Républicain Lorrain.

Le couple dit avoir déjà investi 8.000 euros dans les préparatifs pour une cérémonie prévue le 27 juillet et refuse d'annuler la fête. Il a adressé un nouveau courrier au Président de la République pour lui demander de lever l'interdiction, et il prévoit le cas échéant d'aller jusqu'à la Cour européenne de droits de l'Homme pour obtenir satisfaction.

En 2005, la CEDH avait condamné la Grande-Bretagne pour un empêchement à mariage et autorisé une union entre un beau-père et une belle-fille.