BFMTV

Un surveillant de prison veut intervenir dans les permissions de sortie des détenus

Après l’interpellation pour viol d’un détenu évadé samedi en Alsace, un surveillant pénitentiaire demande à ce que leur avis soit pris en compte pour octroyer les permissions de sortie.

Un détenu de 32 ans, déjà condamné pour viol et récemment évadé de prison à l'occasion d'une permission de sortie, a été interpellé samedi, soupçonné d'avoir, pendant sa cavale, violé et grièvement blessé à coups de couteau une promeneuse à Mertzwiller, dans le Bas-Rhin. Nicolas Weiss faisait l'objet d'un mandat d'arrêt depuis qu'il n'avait pas réintégré la prison de Toul le 26 août, après une permission de sortie de trois jours.

"On trouve ça complètement aberrant car cela fait plusieurs années qu’on dénonce un certain laxisme de nos dirigeants par rapport aux permissions de sortie", réagit le syndicaliste James Cannière pour FO Pénitentiaire.

Le surveillant préconise que l’avis du personnel de terrain soit pris en considération pour octroyer les autorisations de sortie. "Nous, on peut donner des observations, cosigner oralement ou par écrit (…) On les côtoie tous les jours, tous les mois et ce pendant des années", précise encore James Cannière, déplorant que ce système ne soit toujours pas mis en place.

Colère du maire de Mertzwiller

Le maire de la commune, où a eu lieu l’agression vendredi, compte lui aussi faire entendre sa voix. "Je proposerais au prochain conseil de prendre une motion que nous adresserons à la ministre de la Justice pour demander qu’on ne laisse pas sortir sans réelle surveillance ce type de délinquants et qu’on n’écourte pas leurs peines", a déclaré Jean-Claude Strebler au micro de BFMTV.

Prisons surchargées

"La protection des citoyens n’est pas du tout au bon niveau", estime de son coté, Sébastien Gerardin, membre du syndicat Alliance de la police nationale. "Parfois, sur certains dossiers, on ne va pas trop partir sur le déferrement et l’emprisonnement parce qu’il n’y a plus de places", déplore le syndicaliste. En avril dernier, la France comptait 66.761 personnes incarcérées pour seulement 57.920 places disponibles.

P.P.