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Un nom de famille à une lettre comme Cédric O: pas si rare, mais cela peut causer des problèmes

Cédric O est le nouveau secrétaire d'Etat au numérique.

Cédric O est le nouveau secrétaire d'Etat au numérique. - BFMTV

Nouveau secrétaire d'Etat chargé du numérique, Cédric O possède un nom qui n'est passé inaperçu. Et qui peut causer parfois des problèmes administratifs.

Nommé secrétaire d'Etat chargé du numérique, Cédric O a pris ses fonctions ce lundi. Peu connu du grand public, ce proche d'Emmanuel Macron, né en 1982 d'une mère lyonnaise et d'un père cadre sud-coréen, est entré dans la lumière. Et avec lui, son nom d'une seule lettre, qui n'a pas manqué de susciter des interrogations.

Un nom du Nord

Pourtant, la situation de l'ancien conseiller de l'Elysée n'est pas un cas rare, au regard des statistiques. D'ailleurs, une autre personnalité politique porte le même nom: sa sœur, Delphine O, députée LaREM de Paris et suppléante de Mounir Majhoubi, ancien secrétaire d'Etat chargé du Numérique.

"Des O, il y en avait 11 dans le Nord avant 1914. Aujourd'hui, on en compte plus d'une centaine", assure à BFMTV.com Marie-Odile Mergnac, auteure de L'Atlas des noms de famille (édition Archives et Culture). Une situation loin d'être exceptionnelle quand "un nom de famille sur deux est porté par moins de 50 personnes", oppose-t-elle. 

En France, il y a même 300.000 personnes qui sont les seules à porter leur nom, remarque l'auteure. "Ils disparaîtront avec eux". A l'inverse, "5% des noms de famille, comme Dupont ou Martin, représentent entre la moitié et les deux tiers des noms portés". 

Si le nom de famille du nouveau secrétaire d'Etat porte les origines de son père sud-coréen, le nom O est principalement porté dans le Nord en France et en Belgique (où 120 personnes portent ce nom), indique Marie-Odile Mergnac.

M, X ou A

O n'est pas le seul nom formé d'une seule lettre en France. Au total, 13 noms de familles ne sont composés que d'une seule lettre, note Marie-Odile Mergnac. "Il y a des gens qui s'appellent M ou X", rapporte-t-elle. Dans ce dernier cas, il s'agit le plus souvent d'un officier d'Etat civil qui inscrivait X pour les enfants nés sous X ou ceux trouvé au début du XIXe siècle. En Guadeloupe, il en existe une centaine. 

A l'inverse des noms de famille qui tirent leur origine "de surnoms" attribués en fonction "d'un métier, d'un lieu d'origine ou d'une caractéristique physique ou morale", beaucoup de ces noms qui sortent de l'ordinaire trouvent leur origine au début du XIXe siècle. 

"Les officiers d'Etat civil faisaient parfois n'importe quoi. Ils faisaient des groupes de lettres en prenant des pages de dictionnaires au hasard ou s'inspiraient de ce qui les entourait", raconte-t-elle, citant l'exemple d'un officier d'Etat civil qui a utilisé tout le mobilier de son bureau pour donner des noms à des enfants trouvés.

Des problèmes dans certains cas

Cas frappant de cette désinvolture: le nom SNP, acronyme de Sans Nom Patronymique, attribué principalement au début du XIXe siècle, en pleine colonisation. "En Afrique, en Guyane ou dans les Antilles, beaucoup se présentaient devant l'officier d'Etat civil avec leur seul prénom. On inscrivait alors SNP à la place du nom. Il s'est transformé par la suite en véritable nom", raconte Marie-Odile Mergnac.

Dans certains cas, le fait d'avoir un nom avec une seule lettre peut poser problème. Si les services de l'Etat civil gère, en théorie, bien la chose, ce n'est pas le cas de certains services en ligne.

Par exemple, le site de réservation en ligne de la SNCF, "Oui SNCF", exige des noms de famille avec deux caractères au minimum. Idem si Cédric O décide de prendre l'avion, le site d'Air France demande un patronyme d'au moins deux lettres pour créer un compte sur son site. Ennuyeux également, le site de Pole Emploi ne permet pas de créer un compte pour faire des recherches d'emploi avec un patronyme aussi court. Un sujet qui touche probablement peu de Français mais qui peut rentrer dans le périmètre du nouveau ministre. 

Capture du site Oui.SNCF
Capture du site Oui.SNCF © BFMTV
Capture du site de Pole Emploi.
Capture du site de Pole Emploi. © BFMTV.com
Benjamin Rieth