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Trappes : retour au calme, quelques échauffourées

Des renforts ont été déployés à Trappes aux alentours du commissariat.

Des renforts ont été déployés à Trappes aux alentours du commissariat. - -

A Trappes, où un contrôle d’une femme en niqab a tourné à l’émeute vendredi dernier, le calme revient doucement. Dimanche soir, encore une dizaine de personnes est venue défier les policiers devant le commissariat, et quatre individus seront jugées en comparution immédiate ce lundi. Les syndicats de police espèrent de lourdes sanctions.

La situation était encore tendue dimanche soir près du commissariat de Trappes, dans les Yvelines, où un groupe d'une dizaine de personnes a défié les forces de l'ordre avant d'être dispersé par les CRS. Vendredi soir, entre 250 et 400 personnes avaient jeté des pierres, brûlé des poubelles et détruit des Abribus aux abords de ce commissariat des Yvelines, et un jeune homme de 14 ans avait été blessé à l'œil dans les affrontements.

Quatre comparutions immédiates

Quatre des six jeunes interpellés lors de ces échauffourées ont passé la nuit en prison. Agés de 18 à 24 ans, ils doivent passer en comparution immédiate ce lundi après-midi à Versailles. Un autre a été relâché faute d'éléments, et le mari de la jeune femme contrôlée laissé libre sous contrôle judiciaire. Il aurait tenté d'étrangler un policier quand le contrôle de sa femme a mal tourné et doit être jugé en septembre.
A l'origine de ces violences, justement, le contrôle d'une femme portant un voile intégral en pleine rue par des policiers. Le contrôle avait dégénéré et son mari, un Français de 21 ans avait été interpellé. Des renforts de police ont été déployés dans le secteur des Merisiers aux alentours du commissariat de police. Ce dispositif sera maintenu jusqu'à ce que le calme revienne dans la ville.

« Que la ville retrouve sa sérénité »

Aujourd’hui, Guy Malandain, le maire de Trappes, lance un appel au calme. « Mon souhait le plus cher, c’est que la ville retrouve la sérénité, j’allais dire la fraternité entre toutes les populations, qu’elle connaît depuis des années, et qui a été troublée contre toute attente, avec ma plus grande réprobation et mon plus grand regret ». Il était invité ce lundi matin sur RMC où il a pris la défense des policiers. « Ma réponse est en faveur de la police qui a fait son travail. Je vois le commissaire toutes les semaines. La ville est calme. On est tous étonné de ce qu'il s'est passé. Sur les marchés où je me rends depuis jeudi, je peux vous dire que jamais on ne m'a parlé de gestes déplacés de la part de la police ».

« Nous espérons que ces personnes seront lourdement condamnées »

Du côté de la police, on s’étonne que le mari de la femme contrôlée ne soit toujours pas incarcéré. « On a beaucoup de mal à comprendre comment cet individu, qui a tenté d’étrangler un fonctionnaire de police, est dehors alors qu’il devrait être incarcéré. Il y a quand même quatre individus qui ont agressé nos collègues et qui ont été interpellés », s'insurge Thierry Mazet, secrétaire pour le syndicat de police Alliance sur la zone de Versailles. Ils en appellent maintenant à la justice. « Nous espérons que ces personnes seront condamnées, lourdement. A partir du moment où on bafoue l’autorité de l’Etat, on doit être condamnés lourdement ».

Mathias Chaillot avec Juliette Droz