BFMTV

Toulouse: un père crée une association contre l'embrigadement du jihad

Le père d'Hakim a créé une association pour aider les jeunes contre le jihad.

Le père d'Hakim a créé une association pour aider les jeunes contre le jihad. - BFMTV

En début d'année, un père de famille toulousain est allé lui-même récupérer son fils Hakim, 15 ans, parti pour le jihad en Syrie. Pour que cette histoire traumatisante ne se répète pas, il a décidé de créer une association afin d'aider les adolescents à ne pas tomber dans le piège du jihadisme.

6 Janvier 2014. A 15 ans, Hakim a décidé de partir pour le jihad en Syrie. Pour faire revenir son fils, le père d'Hakim lance alors un appel aux pouvoirs publics avant d'aller le chercher lui-même. A son retour, il se rend au Palais de justice pour demander de la clémence pour son fils.

Une expérience traumatisante qui ne doit pas se répéter, estime-t'il. Il décide donc de créer une association, à Toulouse, pour aider les jeunes à ne pas tomber dans le piège du jihad.

"C'est une situation inacceptable"

"C'est quelque chose qui nous ronge de l'intérieur, qui nous bouffe de l'intérieur". Traumatisé, le père d'Hakim juge que les adolescents qui décident de partir en Syrie pour rejoindre le groupe armé sont des victimes.

"C'est une situation inacceptable. Ces jeunes, pour moi, sont victimes d'une situation géopolitique, de la faiblesse de leur jeune âge et on n'a pas le droit de les laisser mourir tous les uns après les autres, froidement", martèle-t-il.

Une association pour lutter contre l'embrigadement

Face à l'embrigadement des jeunes, l'Etat n'en fait pas assez pour le père d'Hakim. Le recrutement, essentiellement sur les réseaux sociaux, se fait de plus en plus jeune. Au programme de son association, conférences et débats dans les lycées pour aider les adolescents à ne pas tomber dans le piège du jihadisme.

"Si rien ne bouge véritablement au niveau des pouvoirs publics, c'est peut-être à nous, citoyens qui avons vécu ce genre de situations, de prendre les choses en main", assure Agnès Dufétel-Cordier, l'avocate d'Hakim.

Le père d'Hakim fait appel aux pouvoirs publics

Conscient qu'il doit être soutenu par les pouvoirs publics, le père d'Hakim réclame la fin de la possibilité de quitter le territoire sans autorisation des parents dès l'âge de 12 ans. Une formalité supprimée depuis le 1er janvier 2013.

Claudie Merot avec Antoine Delcourt