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Suicides de policiers: doivent-ils laisser leur arme au vestiaire?

Détail d'un uniforme de policier. (illustration)

Détail d'un uniforme de policier. (illustration) - Bertrand Langlois - AFP

Les suicides de policiers avec leur arme de service est un problème dont le ministère de l'Intérieur est de plus en plus conscient. Une réunion avec les syndicats de policiers est organisée mercredi pour évoquer certaines pistes de prévention contre ces actes.

"Un policier s'est suicidé avec son arme de service". Combien d'exemples de ces drames l'actualité donne-t-elle à voir chaque année? En moyenne, 42. Mais en 2014, alors que le mois de novembre vient de commencer, la statistique est déjà dépassée. Mercredi, le directeur général de la police nationale (DGPN), Jean-Marc Falcone, réunit les syndicats de police pour aborder le délicat problème des suicides chez les policiers, bien plus nombreux que dans les autres secteurs de la fonction publique.

Laisser son arme au vestiaire? 

L'une des pistes évoquées par le ministère pour tenter de limiter le risque de suicide serait d'obliger les policiers à laisser aux vestiaires leurs armes à la fin de leur service. Une réflexion sur cette mesure va être menée début 2015. Elle est déjà appliquée de manière exceptionnelle, comme au commissariat de Sarcelles dans le Val d'Oise, département qui a dû faire face, la même semaine, à deux suicides coup sur coup. 

Pour Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat Synergie-Officiers, cette recrudescence de passages à l'acte s'explique avant tout par la difficulté, voire la dureté du métier: "C'est une profession où on est confronté à la mort, aux difficultés sociales, à toute la misère du monde. Parfois dans des environnements hostiles".

Formation des jeunes et prévention

Si la solution de laisser son arme au vestiaire paraît logique, elle est contestée par beaucoup comme ne répondant pas au fond du problème et à la nécessité d'accompagner les personnels en souffrance. Un double objectif devrait être de mieux former les jeunes qui arrivent sur le terrain et de renforcer la détection des risques psychosociaux. "Un réseau de collègues de tous âges et de tous grades qui ont déjà connu la dépression et ont peut-être été tentés de mettre fin à leurs jours, avec des représentants des personnels", pourrait constituer une solution, indique Patrick Jacquet, ancien policier qui vient aujourd'hui en aide à ses collègues en détresse morale.

D. N. avec M. Bertrand, V. Deby et J. Jacquet